La République tchèque s’oppose au Fonds européen de souveraineté
La République tchèque s’oppose au projet de la Commission européenne de créer un nouveau Fonds européen de souveraineté dans le cadre de la réponse de l’UE à la loi américaine sur la réduction de l’inflation.
La République tchèque s’oppose au projet de la Commission européenne de créer un nouveau Fonds européen de souveraineté dans le cadre de la réponse de l’UE à la loi américaine sur la réduction de l’inflation (Inflation Reduction Act, IRA).
Avec ce nouveau fonds, l’exécutif européen souhaite soutenir les investissements dans des domaines stratégiques tels que les technologies propres. Le financement accordé et la forme spécifique que prendra l’instrument sont en cours de discussion. En République tchèque, on constate déjà que la position du gouvernement et des entreprises locales sur ce nouvel outil est divergente.
« Nous ne voulons pas diviser le soutien entre différents instruments. Nous voyons les aspects négatifs du financement », a déclaré Martin Hronza, du ministère tchèque de l’Industrie et du Commerce, lors d’un débat organisé par la représentation des entreprises tchèques auprès de l’UE.
« Le fonds ne devrait pas être utilisé pour surpayer les investisseurs, qui devraient alors choisir s’ils obtiennent une subvention plus élevée ici ou aux États-Unis », a ajouté M. Hronza.
Selon M. Hronza, le fonds soulève encore trop de questions. Par exemple, on ignore si le fonds atteindra la bonne cible ou si le soutien sera symétrique, a expliqué le fonctionnaire tchèque.
Il manque également à la République tchèque une analyse de l’impact macroéconomique de la situation actuelle qui prendrait en compte l’inflation et la dette tchèque. Selon le gouvernement tchèque, une enquête est nécessaire pour trouver la meilleure solution.
L’idée d’un nouveau fonds ne plaît pas non plus à la Confédération de l’industrie et des transports du pays.
« Selon nous, ce ne serait pas une bonne idée de créer de nouveaux instruments, comme le Fonds de souveraineté, avant d’optimiser les instruments financiers existants. Ce n’est qu’une fois [ces derniers optimisés] que nous pourrons parler d’autre chose », a déclaré la directrice générale de la Confédération, Dagmar Kuchtová.
Selon Mme Kuchtová, les entreprises européennes n’ont pas besoin de fonds supplémentaires, mais plutôt d’une simplification des règlementations.
« L’Europe est généralement perçue comme un marché surrèglementé », a-t-elle déclaré, ajoutant que « le problème réside dans ces règlementations ».
Elle estime que certaines propositions législatives de l’UE, comme la législation sur le devoir de vigilance qui oblige les entreprises à garantir un comportement responsable et durable tout au long des chaînes de valeur, devraient être balayées de la table.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]