La restitution de la turbine du Nord Stream 1 à l’Allemagne a permis d’éliminer les prétextes invoqués par Vladimir Poutine

La décision prise par le Canada de renvoyer en Allemagne une turbine nécessaire au fonctionnement du Nord Stream 1 a été motivée par la volonté de dévoiler la stratégie russe de manipulation de la politique énergétique, selon Justin Trudeau.

EURACTIV Allemagne
G7 summit at Elmau Castle 2022
Le chancelier allemand Olaf Scholz (à gauche) et le Premier ministre canadien Justin Trudeau (à droite) au château d'Elmau à Kruen, en Allemagne, le 27 juin 2022. [EPA-EFE/CHRISTIAN BRUNA]

La décision prise par le Canada le mois dernier de renvoyer en Allemagne une turbine nécessaire au fonctionnement du gazoduc Nord Stream 1 a été motivée par la volonté de dévoiler la stratégie russe de manipulation de la politique énergétique.

C’est ce qu’a déclaré le Premier ministre canadien Justin Trudeau après sa rencontre avec le chancelier allemand Olaf Scholz, présent dans le pays pour une visite officielle de trois jours.

Début juin, Ottawa a cédé aux pressions exercées par Berlin et a autorisé le renvoi en Allemagne de la turbine du gazoduc Nord Stream 1 qui se trouvait alors à Montréal pour maintenance. Berlin devant, à son tour, la livrer à la Russie.

Le Kremlin avait annoncé qu’il augmenterait ses livraisons de gaz à l’Europe si la turbine était restituée.

La décision, qui impliquait d’exempter Siemens Canada des sanctions imposées à la Russie, a été sévèrement critiquée par l’Ukraine, qui estime que cela mine les mesures prises à l’encontre de Moscou.

« Ce que nous avons pu montrer en restituant la turbine, c’est que le seul responsable des défis auxquels le monde est confronté en termes de crise énergétique est Vladimir Poutine lui-même », a déclaré M. Trudeau lors d’une conférence de presse conjointe avec M. Scholz à Montréal lundi (22 août).

Il a ajouté que la « décision difficile » de restituer la turbine a « éliminé le prétexte » invoqué par le Kremlin pour réduire ses exportations de gaz et a permis de contrer les tentatives de la Russie de créer des divisions entre les défenseurs de l’Ukraine et de « blâmer une autre — le Canada, par exemple » pour le non-respect de ses contrats gaziers.

M. Scholz, pour sa part, a tenu à exprimer sa gratitude envers ses « amis canadiens ».

« C’était une décision importante, car elle a permis de révéler la stratégie de [Vladimir] Poutine visant à diviser les alliés et à faire obstacle au soutien à l’Ukraine », a-t-il indiqué.

Le chancelier allemand a également souligné que les livraisons de gaz via le gazoduc Nord Stream 1 ont diminué, et ce même si la turbine a bien été rendue, contrairement aux promesses du Kremlin.

« La Russie n’est plus un partenaire commercial fiable », a-t-il affirmé, avant d’ajouter que les « raisons techniques » invoquées par Moscou pour justifier la réduction des livraisons n’avaient « jamais existé ».