La Serbie arrête et expulse 14 activistes étrangers participant à une réunion associative

Quatorze activistes étrangers participant à un événement organisé par la société civile ont été arrêtés puis expulsés par les autorités serbes. Aucune explication claire n'a été donnée.

EURACTIV.com
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Le ministre croate des Affaires étrangères et européennes, Gordan Grlić Radman, a déclaré aux journalistes à Davos que tous les cas de « mauvais traitements infligés aux citoyens croates » par la Serbie seraient rassemblés et envoyés à la Commission européenne et à la présidence polonaise du Conseil de l’UE. [EPA-EFE/GRAHAM HUGHES]

BELGRADE/TIRANA — Quatorze activistes étrangers participant à un événement organisé par la société civile ont été arrêtés puis expulsés par les autorités serbes. Aucune explication claire n’a été donnée.

Ces militants, originaires d’États membres de l’UE et de pays des Balkans occidentaux, ont été emmenés par la police au milieu de la nuit. Ils ont été interrogés, expulsés, puis interdits d’entrée en Serbie, au motif qu’ils représentaient un « risque pour la sécurité ».

Ces derniers participaient à une formation dispensée par des organisations non gouvernementales (ONG) et organisée par la Fondation Erste, la plus grande fondation autrichienne de caisses d’épargne.

Ils sont originaires de Croatie, de Slovénie, de Slovaquie, de Macédoine du Nord, d’Albanie, de Moldavie, de Roumanie, d’Autriche et de République tchèque.

Parmi eux se trouvait Gazmir Memaj, qui travaille pour la fondation Mary Ward Loreto, une organisation caritative de lutte contre la traite des êtres humains à Tirana.

Ce dernier a expliqué à Euractiv que, ce mardi vers minuit, des personnes se présentant comme des policiers l’ont emmené, avec un autre collègue albanais, au poste de police. Les policiers ne portaient pas d’uniforme et la voiture était banalisée.

Une fois arrivé au poste de police, on lui a demandé de signer une déclaration rédigée en serbe. Elle lui a été traduite oralement. Selon ses termes, ce document l’obligeait à quitter la Serbie le 23 janvier et lui interdisait de revenir dans le pays durant un an. Son passeport a également été tamponné en conséquence, comme le confirme une photo vue par Euractiv.

Gazmir Memaj a déclaré que les policiers n’avaient pas fait preuve d’un comportement agressif ou inapproprié.

Les médias croates ont également rapporté que cinq citoyens de leur pays ont passé une bonne partie de la nuit en garde à vue à Belgrade. Le prétexte avancé était la volonté des autorités serbes de protéger « la sécurité de la République de Serbie et de ses citoyens ».

Le ministre croate des Affaires étrangères et européennes, Gordan Grlić Radman, a déclaré aux journalistes à Davos que tous les cas de « mauvais traitements infligés aux citoyens croates » par la Serbie seraient rassemblés et envoyés à la Commission européenne et à la présidence polonaise du Conseil de l’UE.

Une source interne au dossier a déclaré à Euractiv que ce développement devrait être discuté lors d’une réunion des ambassadeurs de l’UE.

Ces arrestations interviennent que les étudiants serbes manifestent depuis des semaines contre le président Aleksandar Vučić.

Les autorités serbes affirment sans fournir de preuves que les blocages et les manifestations en cours sont influencés par des services de renseignement occidentaux, dans le but de renverser le chef de l’État.

Aleksandar Vučić a lui-même évoqué l’implication de services étrangers lors d’une intervention pour la télévision Pink à la fin de l’année 2024.

Ces affirmations ont été rejetées par les étudiants serbes, mais aussi par les autorités croates, notamment par le Premier ministre Andrej Plenković.

[AB et LG]