La Serbie se rapproche de l’UE

Le Conseil des affaires étrangères de l’UE a accepté d’engager le processus de ratification de l’Accord de Stabilisation et d’Association (ASA) signé avec la Serbie. Un obstacle important sur la route de l’UE est levé pour ce pays.

EURACTIV.fr

Le Conseil des affaires étrangères de l’UE a accepté d’engager le processus de ratification de l’Accord de Stabilisation et d’Association (ASA) signé avec la Serbie. Un obstacle important sur la route de l’UE est levé pour ce pays.

Les ministres européens des Affaires étrangères ont décidé, le 14 juin, d’entamer la ratification de l’ASA signé le 29 avril 2008 avec la Serbie. Cet accord, conçu spécialement pour les pays des Balkans occidentaux, constitue l’antichambre de l’UE. En effet, l’ASA est l’étape préalable à l’ouverture des négociations d’adhésion. Il doit établir progressivement une zone de libre échange entre les contractants, un rapprochement des législations, notamment sur le marché intérieur et une coopération dans le domaine JAI.

La mise en place de la ratification permettra donc de rapprocher la Serbie de l’UE. « Cela veut dire que notre candidature n’est pas dans un tiroir », s’est réjoui à Luxembourg le vice premier ministre serbe en charge de l’Intégration européenne, Bozidar Djelic.

Selon le ministre italien des Affaires étrangère Franco Frattini, les 27 pourraient tous avoir ratifié l’ASA « d’ici la fin de l’année ».

Cette décision intervient après les différents rapports encourageants du procureur du Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) Serge Brammertz selon lesquels la Serbie coopère pleinement avec le TPIY. En décembre 2009, l’UE avait déjà décidé de débloquer un accord intérimaire commercial.

Restait l’ASA, dont la ratification était gelée par les Pays-Bas car elle nécessite un vote à l’unanimité du Conseil. Les Pays-Bas réclamaient une coopération pleine et entière de la Serbie avec le TPIY et l’arrestation des criminels de guerre Ratko Mladic et Goran Hadzic.

Les dernières déclarations de Serge Brammertz soulignant la pleine coopération de la Serbie ont eu raison du veto hollandais.

En outre, une telle décision fait directement écho au récent sommet de Sarajevo sur les Balkans qui avait pour but de rassurer les pays de la région sur leur avenir européen. Cette récompense concrète est une manière de signifier que l’UE agit au-delà des discours.

L’examen de la candidature repoussé

Le procureur a néanmoins rappelé que le processus devait se poursuivre et mener à l’arrestation de Goran Hadzic et Ratko Mladic. Affirmant que leur arrestation n’était pas imminente, les ministres des Affaires étrangères ont décidé de repousser l’examen de la candidature de la Serbie déposée en décembre 2009.

« Pour l’accord d’association, c’est oui. Pas pour la transmission de la candidature de la Serbie pour avis à la Commission européenne », a précisé M. Frattini.

Les autorités serbes ont néanmoins exprimé leur souhait que leur pays obtienne le statut de candidat en 2011. Quant au commissaire à l’élargissement, Stefan Füle, il a déclaré qu’il « attendait avec impatience que le Conseil prenne une décision importante et demande à la Commission de préparer un avis sur le dépôt de candidature de la Serbie ».

Colère des bosniaques

Certains musulmans de Bosnie ont exprimé leur colère quant à la décision du Conseil. « Je suis extrêmement déçue, mais cette attitude de l’Europe à l’égard de la Serbie ne peut plus me surprendre. […] Serge Brammertz nous a promis qu’il allait faire pression sur la Serbie pour arrêter Mladic… Nous n’avons plus confiance en personne », a déclaré à l’AFP Hajra Catic, présidente de l’association « Les femmes de Srebrenica ».