La situation de l’emploi s’améliore en dépit des préoccupations salariales

Le nombre de sans-emploi dans la zone euro a chuté pour la première fois depuis plus de deux ans. L’Union pourrait être sur la voie de la reprise après la récession de l’année dernière.

EURACTIV.com / Reuters
File d'attente.
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Le nombre de sans-emploi dans la zone euro a chuté pour la première fois depuis plus de deux ans. L’Union pourrait être sur la voie de la reprise après la récession de l’année dernière.

En juin, la zone euro comptait 24 000 chômeurs de moins qu'en mai, selon des données de l'agence statistique de l'Union européenne, Eurostat, publiées le 31 juillet. Il s'agit de la première diminution depuis avril 2011.

Les prévisions de relance se sont avérées illusoires jusqu'à présent. L'Europe tente en effet de sortir de la crise depuis plus de trois ans.

Cette baisse n'a pas empêché le taux de chômage dans l'UE de s'inscrire au niveau record de 12,1 % pour le quatrième mois consécutif.

La zone euro comptait plus de 19 millions de chômeurs en juin.

Préoccupations salariales

Malgré cette amélioration, la Confédération européenne des syndicats (CES) s'inquiète des répercussions d'un taux de chômage élevé et des mesures d'austérité mises en œuvre par les gouvernements.

« Dix mois avant les élections européennes, chômage de masse et politiques de réduction des salaires constituent un cocktail dangereux qui nuit au soutien des citoyens pour le projet européen », a déclaré la CES dans un communiqué le 29 juillet. La confédération représente des syndicats présents dans 36 pays. « La CES met en garde les responsables européens : un changement de cap s’impose d’urgence pour restaurer la croissance et la confiance.

L'ETUI, l'institut de recherche de la CES, a publié une carte visuelle comparant les évolutions salariales dans l'UE entre 2000 et 2012. « Dans la majorité des pays où le chômage augmente, les salaires diminuent avec de graves conséquences en termes de risque croissant de pauvreté et d’exclusion sociale. »

En 2009 dans la zone euro, les réductions de salaire étaient les plus drastiques en Grèce et au Portugal. Ces deux pays, ainsi que l'Estonie, ont depuis lors bénéficié de programmes de renflouement de l'UE.

Faibles dépenses de consommation

En juin 2013, les dépenses de consommation ont chuté en Allemagne, en France et en Espagne, ce qui nuance le tableau optimiste. Le faible taux d’inflation annuelle (stable à 1,6 % en juillet) signifie toutefois que la Banque centrale européenne (BCE) est en mesure d'intervenir si la relance s'essouffle.

Les ventes au détail en Allemagne, la plus grande économie de la zone euro, ont le plus chuté en juin (- 1,5 %). Les dépenses en France ont reculé par rapport à mai et ne devraient pas augmenter.

En Espagne, les ventes au détail ont chuté pour le 36e mois consécutif. Le taux de chômage s'élève à 26,3 % et il n'y avait que 39 chômeurs en moins par rapport à mai.

La relance est de plus en plus évoquée : les indices des affaires et du sentiment économique ont atteint en juillet un record jamais égalé en 15 mois, la BCE s'est engagée à soutenir la zone euro, l'économie américaine est sur la voie de la reprise et les politiques d'austérité sont moins strictes.