La Slovaquie et le processus de Lisbonne [FR]

Institutions financières internationales et investisseurs privés portent un regard globalement optimiste sur l’avenir économique de la Slovaquie. Dans le cadre du processus de Lisbonne, le pays apparaît pourtant moins avancé que la plupart des autres Etats membres de l’UE.

Institutions financières internationales et investisseurs privés portent un regard globalement optimiste sur l’avenir économique de la Slovaquie. Dans le cadre du processus de Lisbonne, le pays apparaît pourtant moins avancé que la plupart des autres Etats membres de l’UE.

Stratégie de la Slovaquie dans le cadre du processus de Lisbonne 

La stratégie élaborée par le ministère slovaque des finances est axée sur quatre domaines-clés :  

1. Société de l’information   

Le retard accumulé par la Slovaquie dans ce secteur représente l’une des principales hypothèques pesant sur le développement économique du pays. Le gouvernement envisage de centrer son action sur la poursuite de trois objectifs spécifiques : 

  • développement de l’utilisation d’Internet au sein de la population (l’accès au web étant aujourd’hui limité par des prix trop élevés) ; 
  • mise en place de réels services d’e-gouvernement ;
  • effort particulier sur l’Internet haut-débit. 

2. Innovation, science et recherche 

La Slovaquie souffre de la distance trop grande séparant le secteur privé des universités et des centres de recherche publics, ainsi que de la faiblesse des fonds (publics et privés) alloués à la recherche. Pour remédier à cette situation, le gouvernement slovaque propose :  

  • d’améliorer la formation des scientifiques et de mettre en place les conditions requises pour que les jeunes talents ne quittent pas le pays une fois leurs études terminées ; 
  • de renforcer le lien entre la recherche et le monde de l’entreprise ;
  • de soutenir (notamment par l’octroi de financements ad hoc) les efforts du secteur privé en matière d’innovation et de R&D.  

3. Investissements dans l’éducation et le capital humain 

Le système éducatif slovaque, traditionnellement de bon niveau (en particulier dans les domaines techniques et scientifiques), souffre depuis plusieurs années de la faiblesse de ses financements et de l’archaïsme de ses structures. Il peine donc à fournir à l’économie slovaque le capital humain dont celle-ci a besoin – cette situation étant aggravée par le phénomène de vieillissement démographique et par le niveau élevé du chômage, qui pousse les jeunes à quitter le pays. Face à ces graves problèmes, le gouvernement entend agir dans trois directions : 

  • réforme des programmes et des structures de l’enseignement; 
  • politique volontariste sur le front de l’emploi des jeunes ;
  • relance de la natalité, réforme de la politique d’immigration. 

4. Environnement pour le secteur privé 

Si la Slovaquie s’est montrée capable d’éliminer une bonne partie des contraintes administratives pesant sur le secteur privé, plusieurs problèmes persistent, notamment la persistance de niveaux élevés de corruption. Les initiatives suivantes sont envisagées :  

  • améliration de l’efficacité de l’eadministration, qui doit notamment devenir plus ouverte aux préoccupations du secteur privé ;
  • réduction des charges (fiscalité, cotisations sociales) pesant sur le secteur privé.

Critiques 

La stratégie du gouvernement de Bratislava ne fait pas l’unanimité en Slovaquie, où plusieurs formations politiques et autres groupes issus de la société civile dénoncent son faible niveau de coordination et son orientation trop exclusivement tournée vers l’objectif d’amélioration de la compétitivité économique.