La Slovaquie, la Hongrie et la Serbie appellent à un front uni contre l’immigration irrégulière
Les dirigeants de la Slovaquie, de la Hongrie et de la Serbie ont exprimé leur inquiétude quant à l’inadéquation des solutions européennes actuelles à la migration irrégulière et ont appelé à une plus grande coopération régionale pour s’y attaquer plus efficacement.
Les dirigeants de la Slovaquie, de la Hongrie et de la Serbie ont exprimé leur inquiétude quant à l’inadéquation des solutions européennes actuelles à la migration irrégulière et ont appelé à une plus grande coopération régionale pour s’attaquer plus efficacement au problème lors d’une réunion trilatérale mardi 22 octobre.
Le Premier ministre slovaque Robert Fico, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán et le président serbe Aleksandar Vučić ont reconnu que la migration irrégulière vers l’Europe est « un problème grave, alimenté par l’instabilité géopolitique, les conflits croissants et les inégalités sociales dans le voisinage immédiat de l’Europe, et exacerbé par des facteurs d’attraction au sein de l’Union européenne [UE] ».
« L’UE n’a pas besoin d’une redistribution des migrants ou de quotas obligatoires, mais de mesures en coopération avec les pays qui souhaitent protéger conjointement leurs frontières extérieures », a affirmé Robert Fico lors de la réunion dans la ville slovaque de Komárno, à la frontière avec la Hongrie.
Il a également salué la proposition de Viktor Orbán de poursuivre les discussions dans ce format trilatéral, notant par ailleurs qu’il était déterminé à empêcher des tentatives de dissolution du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie) prétendument en cours.
« Je pense que la Serbie deviendra membre de l’UE et participera à cette coopération régionale », a ajouté Robert Fico.
Un front commun
Dans leur déclaration commune, les trois dirigeants ont également affirmé que « les solutions récemment adoptées au niveau européen ne semblent ni efficaces ni durables, et devraient donc être complétées par un renforcement de la dimension régionale de la coopération dans la lutte contre l’immigration clandestine ».
Robert Fico, Viktor Orbán et Aleksandar Vučić ont en outre souligné que la route migratoire des Balkans occidentaux porte un fardeau disproportionné en termes de migration irrégulière.
Ils ont rappelé l’importance de protéger l’espace Schengen et le fait que celui-ci devait inclure des mesures régionales pour alléger la pression sur les frontières extérieures, en soutenant la gestion des frontières et les retours sans toutefois perturber la libre circulation des personnes et des biens en Europe et dans les Balkans occidentaux.
Lors d’une réunion, Viktor Orbán a ouvertement suggéré que le Pacte européen sur la migration et l’asile « soit jeté aux oubliettes » et que de nouvelles règles soient créées.
Cette année, la Hongrie a discrètement assoupli les restrictions sur les visas de travail pour les citoyens russes et biélorusses, ce qui a suscité de vives inquiétudes au sein de l’UE, qui craint que Budapest n’expose l’espace Schengen à des risques de sécurité, et notamment d’espionnage.
Les trois dirigeants ont également souligné qu’une approche globale de la migration et de l’asile devrait inclure « la prise en compte de la dimension extérieure de la politique migratoire par une coordination active au niveau intergouvernemental et l’exploration de solutions innovantes ».
Ils se sont engagés à approfondir le partenariat trilatéral dans la lutte contre l’immigration irrégulière et ont réaffirmé leur soutien à l’adhésion de la Serbie à l’UE.
[Édité par Anna Martino]