La Slovaquie met fin à son aide militaire à l’Ukraine
La Slovaquie met fin à son aide militaire à l’Ukraine, a annoncé jeudi le Premier ministre pro-russe Robert Fico, tout juste arrivé au pouvoir, une décision susceptible de provoquer des tensions avec ses homologues européens lors d’un sommet de l’UE qui se tiendra à Bruxelles plus tard dans la journée.
La Slovaquie met fin à son aide militaire à l’Ukraine, a annoncé jeudi (26 octobre) le nouveau Premier ministre pro-russe Robert Fico. Cette décision est susceptible de provoquer des tensions avec ses homologues européens, pendant le sommet de l’UE qui se déroule à Bruxelles ce jeudi.
S’exprimant seulement un jour après la nomination de son gouvernement de coalition tripartite, M. Fico a déclaré aux parlementaires slovaques que Bratislava « ne fournirait plus d’armes à l’Ukraine ».
« Je ne soutiendrai aucune aide militaire à l’Ukraine. (…) Un arrêt immédiat des opérations militaires est la meilleure solution que nous ayons pour l’Ukraine — l’UE devrait passer du statut de fournisseur d’armes à celui d’artisan de la paix », a déclaré M. Fico.
Dans son discours devant les députés à Bratislava, M. Fico a également réaffirmé son opposition aux sanctions contre la Russie : « Je ne voterai pas en faveur de sanctions contre la Russie tant que nous n’aurons pas analysé leur impact sur la Slovaquie ».
« S’il doit y avoir des sanctions qui nous nuiront, comme c’est le cas pour la plupart des sanctions, je ne vois aucune raison de les soutenir », a-t-il ajouté.
Avec cette annonce, M. Fico a donné suite à une promesse qu’il avait faite lors de sa campagne électorale. Il a cependant ajouté que la Slovaquie continuerait à fournir une aide humanitaire à son voisin déchiré par la guerre.
Le nouveau gouvernement slovaque comprend le parti de gauche de M. Fico, le Smer-SD, le parti d’extrême droite et pro-russe SNS (Parti national slovaque), et le parti Hlas-SD (HLAS – Social démocratie), qui s’est scindé du Smer.
Le précédent gouvernement slovaque de centre droit, dirigé par l’ancien Premier ministre Ľudovít Ódor et Eduard Heger, avait envoyé plusieurs fois des armes à l’Ukraine, notamment un système de défense aérienne S-300 et d’anciens avions de chasse MiG-29.
Le parti de M. Fico a remporté les élections législatives du mois dernier en s’engageant à mettre fin à l’aide militaire à l’Ukraine, ce qui a suscité des inquiétudes quant à l’affaiblissement du soutien de l’Occident à l’égard de Kiev.
L’annonce de jeudi risque de mettre M. Fico en porte-à-faux avec d’autres dirigeants européens lorsqu’il participera, plus tard dans la journée, à son premier sommet de l’UE à Bruxelles dans le cadre de ses nouvelles fonctions.
Au-delà de la priorité absolue que constitue le conflit entre Israël et le Hamas, les dirigeants européens réunis à Bruxelles devraient s’engager à continuer de soutenir l’Ukraine dans sa guerre contre l’invasion russe.
Ces dernières semaines, certains responsables politiques et diplomates de l’UE ont exprimé la crainte que l’Ukraine ne peine à obtenir la même attention politique et les mêmes ressources de la part de l’Occident, en particulier des États-Unis, en raison de la nouvelle crise qui sévit au Moyen-Orient.
Toutefois, le sommet européen d’octobre ne sera pas en mesure d’approuver les plans pluriannuels d’aide financière de 50 milliards d’euros et d’aide militaire de 20 milliards d’euros pour l’Ukraine, ont indiqué des diplomates de l’UE avant la réunion.
Ces mesures s’inscrivent dans le cadre d’une bataille budgétaire plus large que les responsables politiques espèrent mener à bien d’ici à la fin de l’année et qui devrait déboucher sur des négociations difficiles lors du prochain sommet ordinaire de l’UE, en décembre, ont-ils précisé.
Au-delà de l’Ukraine, un nombre croissant d’États membres de l’UE ont exprimé leur inquiétude quant à la position de l’Union à l’égard de la Russie, en particulier parce que le Premier ministre hongrois Viktor Orban et ses ministres ont de plus en plus d’échanges publics avec leurs homologues russes.
Dernièrement, la poignée de main de M. Orban avec le président russe Vladimir Poutine lors d’un forum à Pékin, la semaine dernière en Chine, a suscité de vives inquiétudes.