La Slovaquie prête à soutenir le 19e paquet de sanctions de l’UE contre la Russie, moyennant des conditions
La Slovaquie pourrait lever son veto sur le 19e paquet de sanctions de l’UE contre la Russie à condition que Bruxelles réponde aux demandes slovaques concernant les prix de l’énergie, le secteur automobile et les quotas d’émission, a affirmé Robert Fico mercredi 22 octobre.
BRATISLAVA — Cette décision pourrait constituer un tournant dans les négociations qui se déroulent depuis plusieurs semaines avec Bruxelles au sujet du 19e paquet de sanctions, bloqué par Bratislava en raison de préoccupations liées à la hausse des coûts énergétiques, à la compétitivité de l’industrie automobile slovaque et à ce que Robert Fico a qualifié d’attention « unilatérale » de l’UE envers l’Ukraine au détriment des priorités économiques.
« Il nous est impossible de quitter Bruxelles sans que les conclusions du sommet ne mentionnent les prix de l’énergie et le soutien à l’industrie automobile », a déclaré Robert Fico devant la commission des Affaires européennes du parlement slovaque, affirmant que la « pression slovaque » avait déjà permis d’obtenir des formulations pertinentes dans le projet de déclaration du sommet européen.
Robert Fico a précisé qu’il discuterait de la question avec le chancelier allemand Friedrich Merz mercredi dans la soirée, ajoutant que si ses propositions étaient reprises dans les conclusions finales du sommet des dirigeants européens, il approuverait « probablement » le paquet de sanctions.
Selon lui, la Commission européenne doit « réagir rapidement et fermement aux prix de l’énergie ». Il a fait valoir que les coûts énergétiques plus élevés en Europe par rapport aux États-Unis et à la Chine « nuisent à la compétitivité » et a appelé à une révision du système d’échange de quotas d’émission de l’UE. La Slovaquie souhaite également un « compromis » sur l’interdiction des moteurs à combustion en 2035, a-t-il ajouté.
L’industrie automobile, qui représente la plus grande part de l’emploi en Slovaquie et la plus grande production de voitures par habitant au monde, reste très sensible sur le plan politique. Cependant, le pays est à la traîne en termes d’attraction d’investissements de qualité liés à la transformation de l’industrie, ainsi qu’en termes d’immatriculation de nouveaux véhicules électriques.
Bratislava a maintes fois fait obstruction aux sanctions dans le passé, opposant six fois son veto au 18e paquet. Bien que Robert Fico entretienne des relations étroites avec Moscou, ayant rencontré Vladimir Poutine à trois reprises au cours de l’année écoulée, il a insisté sur le fait que sa position cette fois-ci « ne concernait ni la Russie ni l’Ukraine », mais « les priorités économiques de l’Europe ».