La stratégie de l’UE sur l’alcool doit aller plus loin

Les Européens sont les plus grands buveurs au monde et, dans certains États membres de l’UE comme le Luxembourg et la République tchèque, le taux de consommation d’alcool est 2,5 fois plus élevé que la moyenne mondiale. La nouvelle stratégie de la Commission sur l’alcool, dont la publication est prévue cette année, doit s’attaquer plus efficacement à la question des dommages liés à l’alcool, selon des eurodéputés.

EURACTIV.fr
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Les Européens sont les plus grands buveurs au monde et, dans certains États membres de l’UE comme le Luxembourg et la République tchèque, le taux de consommation d’alcool est 2,5 fois plus élevé que la moyenne mondiale. La nouvelle stratégie de la Commission sur l’alcool, dont la publication est prévue cette année, doit s’attaquer plus efficacement à la question des dommages liés à l’alcool, selon des eurodéputés.

L'eurodéputée irlandaise Nessa Childers (Socialistes et Démocrates) a déclaré que l'idée de faire pression en faveur d'une révision réelle de la stratégie sur l'alcool l'intéressait personnellement.

« Nous ne sommes pas encore suffisamment engagés, nous avons besoin d’une révision de la stratégie et nous devons tous prendre nos responsabilités », a-t-elle indiqué mercredi (15 mai) au Parlement dans le cadre de l'Awareness Week on Alcohol-Related Harm (semaine de sensibilisation aux dommages liés à l'alcool).

La stratégie de l'UE sur l'alcool devrait être révisée cette année. Même si la Commission devrait éviter toute discussion directe sur les taxes ou les prix, elle est priée de donner des avis clairs sur la manière de résoudre les problèmes tels que le binge drinking des jeunes (consommation d'alcool ponctuelle immodérée).

L'eurodéputée bulgare Antonia Parvanova (Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe) a déclaré que Tonio Borg, le commissaire en charge de la santé et de la politique des consommateurs, était disposé à fournir des politiques contre les problèmes d'alcool, mais qu'il avait besoin de soutien.

« Notre objectif est donc d'obtenir un soutien fort de l'opinion publique et de différentes parties prenantes, non seulement grâce à des campagnes de sensibilisation, mais également grâce au soutien public et politique, de sorte que la Commission et le Parlement parviennent à une nouvelle stratégie sur l'alcool », a-t-elle indiqué.

Elle a ajouté qu'il existait un problème important avec l'industrie de l'alcool : cette dernière a déjà tenté par le passé de bloquer des politiques plus strictes.

Selon Antonia Parvanova, lors de préparations et de débats préliminaires à la rédaction de la directive sur l'étiquetage des aliments, les eurodéputés étaient en faveur d'un petit amendement sur une indication relative à la teneur en sucre et à l’énergie des boissons alcoolisées.

Cet amendement a toutefois été rejeté en raison des objections de l'industrie. Les eurodéputés ne sont pas non plus parvenus à ajouter le financement de la prévention de l'abus d'alcool dans le programme de l'UE « Santé pour la croissance », selon l'eurodéputée bulgare.

Les problèmes liés à l'alcool sont « inacceptables »

Guilio Gallo de la DG Santé et consommateurs (DG Sanco) à la Commission a déclaré que les eurodéputés influençaient l'exécutif européen par le biais de débats récents sur les conséquences des dommages liés à l'alcool.

« Plus vous faites pression, plus nous pouvons aller de l'avant », a-t-il indiqué.

Les dommages liés à l'alcool sont à l'origine de plus de 60 maladies, dont le cancer, a mis en évidence M. Gallo. L'alcool est également responsable de violences et d'accidents de la route mortels. L'abus d'alcool détruit des vies et des familles, a-t-il indiqué.

Il a également affirmé que la situation de l'alcool différait selon les États membres.

« Les chiffres de la consommation d'alcool et des dommages liés à l'alcool sont assez disparates. Nous constatons cependant que dans le sud de l'Europe, par exemple, la consommation diminue, mais qu'en Europe centrale et orientale, elle augmente. L'alcool constitue donc un problème grave dans l'UE », a déclaré le fonctionnaire de la DG Sanco.

Il existe toutefois des problèmes similaires dans les États membres, notamment la consommation d'alcool chez les mineurs, a-t-il expliqué.

« Les données indiquent que 82 % des mineurs ont facilement accès à l'alcool. Les jeunes pratiquent le binge drinking et c'est inacceptable ».