La Suède doit prouver qu’elle mérite sa place dans l’OTAN, selon la présidente hongroise

Alors qu’elle exhortait le parlement hongrois à se prononcer sur la candidature de la Suède à l’OTAN mercredi, la présidente hongroise, Katalin Novák, a souligné que Stockholm devait prouver qu’elle méritait de rejoindre l’Alliance.

Euractiv.com
Hungarian President Katalin Novak vists NATO headquarters
La présidente hongroise, Katalin Novák (à gauche), et le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg (à droite). [EPA-EFE/Noemi Bruzak HUNGARY OUT]

Alors qu’elle exhortait le parlement hongrois à se prononcer sur la candidature de la Suède à l’OTAN mercredi (8 novembre), la présidente hongroise, Katalin Novák, a souligné que Stockholm devait prouver qu’elle méritait de rejoindre l’Alliance.

La Suède a demandé à rejoindre l’alliance militaire occidentale peu après le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, mais la Turquie et la Hongrie ont longuement retardé son processus d’adhésion, tous les autres membres de l’OTAN ayant déjà donné leur feu vert l’année dernière.

La candidature du pays doit encore être ratifiée par les parlements de ces deux pays, dernière étape avant l’adhésion effective. Cependant, ni Budapest ni Ankara n’ont fixé de date pour un vote parlementaire sur la question, et l’incertitude demeure.

« Le parlement hongrois devrait voter la ratification sans plus tarder », a réitéré le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, face aux journalistes après sa rencontre avec Mme Novák.

La présidente hongroise, également commandante en chef des forces armées du pays, n’a pas donné de date pour cette approbation éventuelle et n’a montré aucune indication laissant présager un feu vert. Elle a en effet plutôt exhorté le parlement à prendre une décision.

« Ce que je voudrais encourager à présent, c’est que les parlementaires [hongrois] prennent une décision rapide et avisée », a-t-elle déclaré aux journalistes à l’issue d’une réunion au siège de l’OTAN.

« Il y a plus de raisons pour l’adhésion de la Suède que contre », a-t-elle tout de même noté.

Convaincre le parlement

La présidente a toutefois souligné que les membres du parlement hongrois se sentaient négligés, car la Suède n’avait « montré aucun intérêt à convaincre les parlementaires ».

« Je ne sais pas s’il serait utile que le gouvernement suédois s’adresse au gouvernement hongrois, ou que les responsables politiques suédois s’adressent à leurs homologues hongrois, pour essayer de les convaincre de la nécessité de cette décision », a-t-elle déclaré.

« Je ferai tout mon possible pour parvenir à une décision rapide en Hongrie, en essayant de convaincre les parlementaires, mais cela pourrait ne pas suffire », a déclaré la présidente.

Jusqu’à présent, l’OTAN n’a pas organisé de médiation avec la Hongrie sur la question, et les diplomates se sont plutôt concentrés sur Ankara, qui avait retardé le processus de ratification sous prétexte que Stockholm ne luttait pas suffisamment contre le terrorisme et servait de refuge à des activistes kurdes, considérés par la Turquie comme des terroristes.

Le gouvernement hongrois justifie quant à lui le retard du parlement dans la ratification de la demande d’adhésion suédoise par le fait que Stockholm aurait fait preuve d’ingérence dans ses affaires intérieures et que la Suède a ouvertement critiqué la démocratie et l’État de droit en Hongrie en septembre.

Mme Novák a déclaré être consciente de cette situation, tandis que Jens Stoltenberg a demandé à Budapest de respecter un engagement pris précédemment par le pays, le gouvernement hongrois ayant déclaré à plusieurs reprises qu’il ne serait pas le dernier allié de l’OTAN à ratifier l’adhésion de la Suède.

De son côté, Katalin Novák a déclaré que le processus de ratification serait « une décision souveraine des membres du parlement hongrois ».

Le problème hongrois

Budapest a également été une épine dans le pied de l’OTAN en ce qui concerne le soutien à l’Ukraine autre que l’aide non létale.

La récente rencontre du Premier ministre hongrois Viktor Orbán avec le président russe Vladimir Poutine le mois dernier a suscité des réactions hostiles parmi les membres de l’OTAN et de l’Union européenne.

Interrogée par la presse sur l’impact de cette rencontre sur les relations de Budapest avec ses partenaires occidentaux, Mme Novák a déclaré : « Je peux vous assurer qu’il ne peut pas y avoir et qu’il ne devrait pas y avoir de relations entre la Hongrie et la Russie qui compromettraient notre engagement vis-à-vis de l’OTAN ou de l’UE. »

Budapest a été critiquée pour avoir développé ses liens sur le plan énergétique avec Moscou alors que le pays continue sa guerre en Ukraine, mais également pour avoir imposé à Kiev des normes élevées en matière de protection des minorités en échange de la mise en place d’un Conseil OTAN-Ukraine, ainsi pour s’être opposé à des fonds de l’UE pour l’Ukraine.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]