La Suède se sent menacée par la Russie, la Chine et l’Iran
La Suède se trouve dans une situation internationale grave, confrontée à des menaces croissantes provenant de puissances étrangères telles que la Russie, alors que le pays se trouve à une étape clé de son adhésion à l’OTAN, selon le rapport annuel d’évaluation des menaces du service de sécurité suédois.
La Suède se trouve dans une situation internationale grave, confrontée à des menaces croissantes provenant de puissances étrangères telles que la Russie, le pays étant à une étape clé de son adhésion à l’OTAN, selon le rapport annuel d’évaluation des menaces du service de sécurité suédois, publié mercredi (21 février).
Le service de sécurité suédois (Säkerhetspolisen ou Säpo) a dressé un tableau sombre de la situation sécuritaire du pays, notant que les menaces émanant de la Russie, mais aussi de la Chine et de l’Iran, restent élevées et se sont même aggravées depuis le rapport de l’année dernière.
La Säpo identifie « avant tout la Russie » comme la plus grande menace pour la sécurité de la Suède. Toutefois, il est également noté que la Russie, la Chine et l’Iran interagissent entre eux d’une manière ou d’une autre.
« Les menaces qui pèsent sur la Suède sont complexes. Nous constatons que les puissances étrangères et les extrémistes violents agissent de telle sorte que les menaces se confondent et se renforcent. Ils alimentent la division et la polarisation », a déclaré mercredi Charlotte von Essen, chef du service de sécurité suédois.
« Les puissances étrangères ont une grande capacité à mener différents types d’attaques, et nous savons que les menaces qui pèsent sur la sécurité de la Suède et de ses intérêts sont permanentes », a-t-elle ajouté.
Depuis que le niveau de menace terroriste a été relevé en août (au niveau 4 sur une échelle de 5), le pays a été confronté à plusieurs menaces concrètes d’attentats, selon la Säpo, ce qui accroît la pression sur la société suédoise.
Tensions en Arctique
Le rapport signale également de nouveaux domaines où les menaces se multiplient, tels que l’espace et l’Arctique, où, selon le service de sécurité suédois, la Russie et la Chine sont déjà engagées dans des activités menaçant la sécurité du pays, bien que pour des raisons différentes.
L’ambition de la Chine est de devenir une nouvelle superpuissance polaire, car la fonte des glaces de l’Arctique devrait ouvrir de nouvelles routes maritimes que Pékin espère intégrer dans son projet de nouvelle route de la soie.
De son côté, la Russie s’intéresse avant tout aux capacités militaires régionales de la Suède. Cela est d’autant plus vrai que l’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’OTAN étendra les frontières de l’Alliance dans la région, ce qui contrarie Moscou, qui souhaite rester un acteur important dans la région.
Cette situation survient après que le vice-premier ministre russe chargé de l’Extrême-Orient et de l’Arctique, Youri Trutnev, a proféré la semaine dernière une menace voilée à l’encontre de la Norvège concernant sa gestion de l’archipel arctique du Svalbard, insistant sur le fait que les droits et les avantages acquis par la Russie sur l’archipel « ne peuvent être ni réduits ni enfreints ».
Malgré les affirmations de M. Trutnev et les tensions liées à la guerre en Ukraine, la Norvège a réaffirmé à plusieurs reprises son attachement au traité du Svalbard de 1920, qui garantit l’égalité des droits aux résidents russes de l’archipel.
Un contexte géopolitique particulier
L’évaluation de la Säpo survient alors que la Suède se trouve au cœur d’une situation géopolitique tendue.
La Suède a déposé une demande d’adhésion à l’Alliance transatlantique il y a près de deux ans, à la suite de l’invasion massive de l’Ukraine par la Russie. Elle est sur le point de clôturer son difficile parcours d’adhésion à l’OTAN, la Hongrie devant donner son feu vert sous peu.
La Hongrie est le seul membre de l’OTAN à ne pas avoir ratifié son adhésion, le parti au pouvoir de Viktor Orbán, le Fidesz, ayant à plusieurs reprises retardé le vote, invoquant des griefs concernant les critiques de la Suède à l’égard du bilan de Budapest en matière d’État de droit.
Le Premier ministre suédois, Ulf Kristersson, devrait se rendre à Budapest vendredi pour rencontrer son homologue hongrois avant un vote longuement retardé au parlement hongrois lundi prochain pour ratifier l’adhésion de la Suède à l’OTAN.
Toutefois, l’adhésion de Stockholm à l’OTAN n’est pas une question de négociation, a déclaré le ministre suédois de la Défense, Pål Jonson, à Euractiv en début de semaine.
« En tant que futurs alliés, nous pouvons avoir un dialogue […], et ensuite nous verrons plus en détail quels sujets de coopération ils seraient intéressés à explorer », a déclaré M. Jonson.