La tension monte en amont du sommet UE-Ukraine

En amont du sommet UE-Ukraine du 19 décembre, Kiev subit des pressions de plus en plus fortes de la part de Bruxelles pour libérer ses prisonniers politiques, alors que la Russie tente quant à elle de prendre le contrôle de son réseau de gazoducs, ont confié des diplomates à EURACTIV.

EURACTIV.com
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En amont du sommet UE-Ukraine du 19 décembre, Kiev subit des pressions de plus en plus fortes de la part de Bruxelles pour libérer ses prisonniers politiques, alors que la Russie tente quant à elle de prendre le contrôle de son réseau de gazoducs, ont confié des diplomates à EURACTIV.

A Kiev lundi (12 décembre), Štefan Füle, le commissaire européen en charge de l'élargissement et de la politique de voisinage, s'est entretenu pendant plus de trois heures avec le président ukrainien, Victor Ianoukovitch, et l'ambassadeur Konstantin Yelisieiev.

Ce genre de réunion dure généralement moins d'une heure. M. Füle, diplômé de l'université d'Etat de Moscou en relations internationales, parle couramment le russe.

Peu de personnes savent ce qu'il s'est dit au cours de cette réunion. L'une d'entre elles est le président du Conseil, Herman Van Rompuy, qui devrait se rendre à Kiev pour le sommet.

« Nous avons matière à réfléchir », a déclaré M. Yelisieiev.

Au cours de ces derniers jours, les doutes quant à la tenue du sommet ont reflété les divisions croissantes entre Kiev et l'UE sur la question de l'emprisonnement pour abus de pouvoir de l'ancienne première ministre, Ioulia Timochenko.

Après sa réunion avec M. Ianoukovitch, M. Füle a rendu une visite d'une demi-heure à Mme Timochenko, a précisé M. Yelisieiev.

Pas de grands espoirs

Des diplomates de l'UE ont confié à EURACTIV qu'étant données les circonstances, le sommet aurait peu de chance de donner des résultats concrets.

Kiev espère conclure lors du sommet un accord d'association en négociation depuis cinq ans. Cet accord comprend également des clauses pour un accord d'association assorti d'un accord de libre-échange approfondi et complet qui verrait l'Ukraine adopter une législation similaire à celle de l'UE sur le commerce.

L'Ukraine espère que cet autre accord sera signé l'an prochain. Le processus de ratification prendrait quelques années, mais l'ALE approfondi et complet pourrait entrer en vigueur au moment de sa signature.

C'est le préambule qui compte

L'Ukraine semble toutefois attacher plus d'importance au préambule de l'accord d'association qu'à la signature même du document.

Ce préambule pourrait soit mentionner que l'Ukraine est destinée à devenir un Etat membre de l'UE ou juste « prendre note » de l'importance qu'attache l'Ukraine à son identité européenne.

Des diplomates ont expliqué que le pays le plus opposé à une éventuelle adhésion de l'Ukraine était l'Allemagne, mais que de nombreux autres pays, comme la Pologne, plaidaient en faveur d'un rapprochement décisif du pays vers l'UE avant que la Russie ne parvienne à l'embrigader dans son Union eurasienne, sa propre sphère d'influence.

L'Ukraine, qui mène des négociations complexes avec la Russie pour réduire le prix qu'elle paye pour le gaz suite à l'accord conclu lorsque Mme Timochenko était au pouvoir en 2009, ne serait pas en mesure de parvenir à un accord avant la fin de l'année.

Moscou a fait savoir qu'elle réduirait le prix du gaz pour l'Ukraine si le pays acceptait de vendre 50 % de ses gazoducs à Gazprom, l'entreprise qui a le monopole en Russie.

Stratégie du Kremlin

M. Yelisieiev a expliqué que la Russie ne voulait pas que l'Ukraine signe son accord d'association avant les élections présidentielles de mars prochain.

M. Poutine tente de bâtir une Union eurasienne, mais sans l'Ukraine ce projet n'aurait aucun sens, ont expliqué les diplomates.