La troïka quitte la Grèce et réserve sa décision pour septembre
La Grèce a fait des progrès et a trouvé où opérer des coupes budgétaires dans le cadre de son programme de renflouement, mais il reste du travail et les inspecteurs internationaux rendront leur verdict final en septembre, ont annoncé des fonctionnaires dimanche (5 août).
La Grèce a fait des progrès et a trouvé où opérer des coupes budgétaires dans le cadre de son programme de renflouement, mais il reste du travail et les inspecteurs internationaux rendront leur verdict final en septembre, ont annoncé des fonctionnaires dimanche (5 août).
Les inspecteurs de la troïka (Fonds monétaire international, Commission européenne et Banque centrale européenne) ont clôturé leur visite en Grèce dimanche et ont déclaré que les discussions avec le nouveau gouvernement de coalition s'étaient révélées fructueuses.
« Les discussions se sont bien passées, nous avons progressé. Nous allons faire une pause et revenir début septembre », a annoncé le chef de mission du FMI pour la Grèce, Poul Thomsen, à l'issue d'une réunion au ministère des finances.
Des encouragements, mais pas de décision
La Grèce a promis de prendre une série de mesures budgétaires et de mener des réformes à hauteur de 11,5 milliards d'euros pour convaincre ses prêteurs internationaux de ne pas suspendre le programme de 130 milliards d'euros dont bénéficie la Grèce et ainsi lui éviter la faillite.
Quelque 3,2 milliards d'euros d'obligations arriveront à échéance ce mois-ci. Les fonctionnaires grecs ont prévenu que l'Etat serait en manque de liquidités dans les semaines à venir et que la décision de la troïka revêtait une importance capitale.
« Les discussions sur la mise en oeuvre du programme ont été productives et tous s'accordent sur la nécessité de renforcer les efforts politiques pour atteindre les objectifs », ont déclaré la Commission, le FMI et la BCE dans un communiqué conjoint.
« Les autorités grecques se sont engagées à faire leur travail avec détermination au cours du prochain mois », ont-ils ajouté.
Athènes affirme qu'une récession plus aiguë que prévu l'a empêchée d'atteindre ses objectifs et réclame plus de temps. Les prêteurs martèlent quant à eux que la lenteur des réformes n'a pas permis au programme de fonctionner.
Dans le journal Ethnos dimanche, le ministre des finances, Yannis Stournaras, a déclaré que des mesures devraient être prises pour remettre le programme sur les rails et qu'elles permettraient de restaurer la crédibilité dont jouissait Athènes.
« Un programme crédible nous permettra de poursuivre les négociations sur le prolongement des délais avec des arguments tangibles qui, associés à des réformes et à des privatisations sortiront le pays de la récession », a-t-il expliqué.
Mécontentement de la population
Les fonctionnaires grecs ont temporairement mis de côté leurs requêtes de renégociation, alors qu'ils débattent de mesures budgétaires pour 2013-2014 qui porteront surtout sur les salaires, les retraites et l'aide sociale.
« Nous avons beaucoup travaillé pour parvenir à un accord sur des mesures à hauteur de 11,5 milliards d'euros », a déclaré un fonctionnaire du ministère des finances sous le couvert de l'anonymat. « Nous continuerons de travailler pour leur soumettre quelques mesures d'ici la fin de la semaine. Nous devrons avoir terminé d'ici début septembre. »
L'annonce de coupes budgétaires supplémentaires risque d'être mal vécue par la population qui en a assez de l'austérité et souffre de la pire récession vécue par le pays depuis des décennies, et ce depuis maintenant cinq ans.
« Nous ferons tout notre possible pour que ces mesures soient justes sur le plan social », a déclaré un autre fonctionnaire grec qui a lui aussi préféré conserver l'anonymat.
Le gouvernement du premier ministre, Antonis Samaras, a également annoncé la reprise d'un programme de réformes structurelles pour insuffler à l'économie l'élan dont elle a besoin pour sortir de la crise de la dette qui secoue la zone euro.
La Commission européenne a salué la nouvelle, mais a demandé au pays de respecter ses promesses.
Les réformes structurelles annoncées lors de la visite de la troïka incluent notamment la reprise du programme de privatisation et la libéralisation des marchés et des professions qui pour l'instant n'a pas encore été mise en oeuvre.