La Turquie demande l'aide de la Grande-Bretagne pour son adhésion à l'UE
Le président Abdullah Gül a déclaré hier (20 novembre) que la Turquie était bien décidée à surmonter l'opposition à son adhésion à l'UE avant de se rendre en Grande-Bretagne lors d'une visite censée mettre en exergue les relations politiques et économiques de plus en plus fortes entre les deux pays.
Le président Abdullah Gül a déclaré hier (20 novembre) que la Turquie était bien décidée à surmonter l'opposition à son adhésion à l'UE avant de se rendre en Grande-Bretagne lors d'une visite censée mettre en exergue les relations politiques et économiques de plus en plus fortes entre les deux pays.
La visite de M. Gül à Londres, où il sera l'invité de la reine Elizabeth, symbolise le souhait de la Grande-Bretagne de se rapprocher des marchés émergents tels que la Turquie.
Les Britanniques espèrent que l'accroissement des échanges commerciaux et des investissements avec les économies émergentes relanceront l'économie anémique du pays, alors que leurs principaux partenaires commerciaux de la zone euro s'embourbent dans la crise de la dette.
La Grande-Bretagne soutient l'adhésion de la Turquie à l'UE. Les deux pays sont en outre de plus en plus sur la même longueur d'onde quant à la répression des manifestations par le président syrien, Bachar al-Assad. La Turquie a en effet menacé le dirigeant de sanctions à moins qu'il ne mette fin aux violences.
Alors qu'il s'agit de la première visite d'un président turc en Grande-Bretagne en 23 ans, M. Gül a déclaré dans un entretien accordé à un journal britannique que la Turquie était déterminée à rejoindre l'UE malgré la crise dans la zone euro et qu'elle pourrait devenir le « moteur de croissance » de l'Union.
Il a rejeté les affirmations selon lesquelles les problèmes économiques de la zone euro devraient mettre en suspens l'élargissement de l'Union des Vingt-Sept.
« Certains ont l'esprit trop étroit et n'ont pas de perspective stratégique; ceux-là considèrent l'adhésion de la Turquie comme un fardeau », a expliqué M. Gül au Sunday Telegraph.
« Mais ceux qui réfléchissent à ce qui arrivera dans 30 ou 60 ans et qui pensent aux futures tendances de l'économie et au déplacement des centres de pouvoir peuvent comprendre la force que la Turquie peut insuffler à l'Europe. »
M. Gül devrait répéter ce message lundi lorsqu'il s'exprimera à la conférence annuelle de la Confédération de l'industrie britannique, la principale organisation britannique représentant les employeurs.
La visite officielle débutera mardi
La visite officielle de M. Gül, ponctuée de banquets, de défilés et de cérémonies, commencera mardi, lorsqu'il s'entretiendra avec le premier ministre, David Cameron, qui s'est rendu en Turquie l'an dernier. M. Cameron s'était donné pour objectif de doubler les échanges commerciaux avec la Turquie, alors d'environ 6,7 milliards d'euros par an, au cours des cinq années à venir.
En 2005, les pays de l'UE ont décidé à l'unanimité d'entamer les négociations avec la Turquie, un pays à majorité musulmane, en vue d'une adhésion à l'Union.
Toutefois, le président français, Nicolas Sarkozy, est opposé à cette adhésion, et la chancelière allemande, Angela Merkel, affirme préférer l'option d'un « partenariat privilégié » avec la Turquie.
M. Gül a affirmé que l'économie en plein essor de la Turquie, qui a crû de 11 % au premier trimestre de 2011, pourrait redonner un coup de fouet à l'Europe.
« Prenez en compte le potentiel de la Turquie : La position de la Turquie, ses atouts, la valeur qu'elle peut ajouter en termes de ressources énergétiques, sa population, le dynamisme et la croissance qu'elle peut apporter à l'Europe. La Turquie pourrait être le moteur de cette croissance. »
Il a affirmé que pour la Turquie, la crise de la zone euro n'était que temporaire. « Notre approche des négociations est stratégique et nous sommes très déterminés. »
Tout comme la Grande-Bretagne, qui a demandé à M. Al-Assad de démissionner, la Turquie a adopté une approche sévère envers la Syrie.
« Je suis convaincu qu'il n'y a plus de place pour les régimes autoritaires (les systèmes à parti unique qui n'ont pas de responsabilité ou ne sont pas transparents) sur les rives de la Méditerranée », a déclaré M. Gül.
La Turquie a accueilli de nombreux membres de l'opposition et a donné refuge aux soldats syriens qui ont déserté.
Le ministre britannique des affaires étrangères, William Hague, va intensifier ses contacts avec les opposants à Bachar Al-Assad ce lundi en rencontrant les représentants de l'opposition à Londres.
Les Etats-Unis et l'UE ont rapidement approuvé la mise en place de sanctions contre Damas. La Turquie s'est montrée plus prudente, mais a affirmé ce mois-ci qu'elle préparait une série de sanctions à l'encontre de la Syrie, en plus de l'embargo sur les armes déjà en place.