La zone euro en "légère" récession

L’activité économique dans la zone euro en recul de 0,3% en 2012, indiquent les nouvelles estimations de la Commission. La récession pourrait contraindre l’Europe à revoir l’équilibre entre austérité et croissance.

EURACTIV.fr
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L’activité économique dans la zone euro en recul de 0,3% en 2012, indiquent les nouvelles estimations de la Commission. La récession pourrait contraindre l’Europe à revoir l’équilibre entre austérité et croissance.

La zone euro entrera en récession au premier trimestre de 2012, selon les estimations intermédiaires publiées par la Commission européennes jeudi 23 février. Le PIB devrait reculer de 0,3% au cours de l’année 2012. En novembre 2011, la Commission prévoyait encore une légère croissance de 0,5%.

L’ensemble des pays de l’Union connaîtra également une année 2012 morose. Les projections de la Commission européenne sont passées de 0,6% à 0,0%.

0,4%pour la France

La croissance attendue varie fortement d’un pays à l’autre. En France, elle serait de 0,4% du PIB contre 1,7% prévu en novembre 2011.

Le gouvernement français table, depuis fin janvier, sur une croissance de 0,5%. Les projections financières dans le programme présidentiel de François Hollande sont fondées sur 0,5% pour 2012. 

Entre croissance austérité…

Ces résultats envisagés par Bruxelles pourraient donner une nouvelle dynamique au débat national et européen autour du bon équilibre entre austérité et croissance en Europe.

En France, le candidat socialiste François Hollande a fait de la croissance en Europe l’un de fer de lance de son programme. Il suscite d’ailleurs la polémique en indiquant vouloir renégocier le pacte sur la discipline budgétaire, projet commun d’Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, qui oblige les États européens à adopter une règle d’or de valeur constitutionnelle. L’objectif de M. Hollande serait aussi d’insérer des mesures en faveur de la croissance.

Le candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon considère lui aussi que l’austérité asphyxie l’Europe et plaide en faveur d’un programme de relance. 

Mais le sujet de la croissance ne préoccupe pas seulement les candidats à l’élection présidentielle. Lundi 20 février, 12 pays européens, dont la Grande-Bretagne et l’Italie, ont appelé à un approfondissement du libre-échange pour recouvrer les points de croissance qui font aujourd’hui défaut.

Les gouvernements français et allemand ne sont pas associés à cette initiative, considérant que des propositions ont déjà été présentées au dernier Conseil européen du 30 janvier

Forte baisse pour l’Allemagne

Les perspectives de l’Allemagne, plus grande économie européenne, se sont également assombries. L’économie du pays devrait croitre de 0,6% seulement au cours de l’année, contre 3% encore envisagés à l’automne 2011.

La Lettonie (2,1%), la Lituanie (2,3%) et la Pologne (2,5%) afficheront les taux de croissance les plus forts, la Grèce (-4,4%) et le Portugal (-3,3%), les plus faibles.

Faible demande mondiale

La dégradation des perspectives économiques en Europe est notamment due à la faible demande des principaux partenaires commerciaux dans le monde et aux incertitudes générées par la crise de la dette souveraine.

Toutefois, le commissaire aux Affaires économiques s’est montré optimise sur la sortie de crise. « Des décisions fondamentales ont été prises et les incertitudes liées au deuxième plan d’aide ont été levées », a déclaré Olli Rehn. Mais il n’a pas hésité à appeler l’Europe à renforcer ses pare-feux financiers afin de limiter les risques de contagion de la crise. 

Situation de crédit

Par ailleurs, le commissaire a jugé efficace la mise à disposition par la Banque centrale européenne des liquidités à long terme pour les banques, commencée fin 2011. La BCE aurait, selon lui, permis de s’assurer que les banques continuent à prêter aux entreprises.

L’efficacité de la mesure est pourtant contestée. Certains craignent que les banques se servent de l’argent reçu à des taux favorables auprès de la banque centrale pour rééquilibrer leur propre bilan, sans pour autant maintenir ou augmenter le volume des crédits accordés aux entreprises.