La zone euro en récession en 2012, selon des économistes

La zone euro devrait entrer en récession et traverser une période de croissance nulle jusqu’en 2013, selon une enquête réalisée auprès d’économistes. Les participants ont précisé qu’ils n’attendaient pas de réponse politique agressive de la part de la Banque centrale européenne.

EURACTIV.fr / Reuters
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La zone euro devrait entrer en récession et traverser une période de croissance nulle jusqu’en 2013, selon une enquête réalisée auprès d’économistes. Les participants ont précisé qu’ils n’attendaient pas de réponse politique agressive de la part de la Banque centrale européenne.

Les derniers résultats de ce sondage Reuters publiés hier (16 août) font écho à la nouvelle selon laquelle la zone euro aurait échappé de peu à la récession au premier semestre de l'année. Seule l'Allemagne a enregistré une croissance entre avril et juin, alors que la France, la seconde économie de la zone euro, enregistrait une croissance nulle.

Ces résultats viennent s'ajouter à ceux d'un sondage publié la semaine dernière par Reuters, qui prévoit la dégradation des perspectives de croissance pour les économies les plus vulnérables de la zone euro. Peu d'attentes, donc, quant à l'issue de la crise de l'euro ou une possible relance économique significative.

Qui plus est, le ministre finlandais des affaires étrangères, Erkki Tuomioja, a déclaré dans le Daily Telegraph d'aujourd’hui (17 août) que les dirigeants européens devaient se préparer à la chute de la zone euro.

L'abaissement de 25 points de base à 0,5 % du taux de refinancement qui devrait être appliqué par la Banque centrale européenne en septembre ne suffira pas à enrayer la crise et restera purement symbolique, dans la mesure où ce taux est déjà proche de zéro et ne peut pas réellement stimuler l'emprunt.

Même si le président de la BCE, Mario Monti, a promis qu'il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour sauver l'euro et même si des achats massifs d'obligations sont prévus à court terme pour les dettes espagnole et italienne cette année, les économistes n'y voient aucun signe de relance significatif.

Calendrier de sortie ?

Rubén Segura-Cayuela, économiste de la Bank of America Merrill Lynch, estime que l'absence de « sortie claire ou de calendrier de sortie » de la crise de la dette effraie les consommateurs et freine les entreprises en matière d'investissement et d'emploi.

Le sondage de Reuters prévoit que l'économie de la zone euro, qui s'est contractée de 0,2 % au second trimestre, subisse le même sort ce trimestre. Il s'agirait d'un résultat légèrement inférieur à la contraction de 0,1 % prévue dans le sondage Reuters de juillet.

Bien que relativement faible, cette baisse cache des ralentissements plus sévères en Italie et en Espagne, les troisième et quatrième économies de la zone euro, ainsi que l'effondrement de la Grèce, où près d'un quart de la population est à présent au chômage.

Les économistes penchent de plus en plus pour une entrée en récession au troisième trimestre. Les différentes prévisions oscillent entre une croissance de tout juste 0,1 % et une contraction de 0,8 %. Parmi les économistes interrogés, un seul a opté pour la croissance.

Le sondage de Reuters a aussi dévoilé que la majorité de ces économistes ne s'attendait pas à ce que la banque centrale tente de plafonner les rendements obligataires espagnols et italiens comme certains l'avaient suggéré. Ils ne pensent pas non plus que la banque décidera d'acheter autre chose que des obligations d'État sur le marché ouvert.

Les participants au sondage étaient divisés quant à la probabilité d'une nouvelle opération de refinancement à long terme comme celles menées par la BCE en décembre puis en février et qui n’ont fait qu’inonder les marchés de 1000 milliards d'euros sur trois ans.

Ce qui a changé au cours des derniers mois, c'est la perception de l'avenir de la Grèce au sein de la zone euro. Quelque 45 des 64 économistes interrogés en août estiment que la Grèce restera dans la zone euro dans les 12 prochains mois, soit dix économistes de plus que lors d'un précédent sondage en mai.

Plan de sortie pour la Finlande

M. Tuomioja a pourtant précisé que les fonctionnaires finlandais se préparaient à une chute de la monnaie unique en élaborant « un plan opérationnel envisageant toutes les éventualités ».

« Il n'existe aucune règle sur la sortie de l'euro, mais ce n'est qu'une question de temps. Le sud ou le nord initiera la rupture. Ce carcan monétaire est source de grandes difficultés pour des millions de personnes et détruit l'avenir de l'Europe », a déclaré M. Tuomioja dans le Daily Telegraph.

« C'est une véritable catastrophe. Nous allons finir par épuiser nos fonds. Mais personne en Europe ne veut être montré du doigt comme le premier à sortir de l'euro », a-t-il ajouté.

Le ministre de l'un des quatre pays membres de la zone euro ayant conservé leur notation AAA estime que la chute de l'euro pourrait renforcer l'Union européenne.

« Mis à part le gouvernement, personne ne défend cette position en Finlande. Mais nous devons nous y préparer. La chute de l'euro ne signe pas la fin de l’Union européenne. Cela pourrait au contraire rendre l'UE plus efficace », a-t-il expliqué.