La zone euro fait marche arrière sur l’accord de renflouement à Chypre
Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des finances, a rejeté ses responsabilités lundi (18 mars) dans un accord de renflouement européen pour Chypre, qui prévoit de toucher les petits épargnants des banques de l’île méditerranéenne. M. Schäuble a déclaré que cette solution ne provenait pas de l’Allemagne et qu’il était disposé à la modifier.
Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des finances, a rejeté ses responsabilités lundi (18 mars) dans un accord de renflouement européen pour Chypre, qui prévoit de toucher les petits épargnants des banques de l’île méditerranéenne. M. Schäuble a déclaré que cette solution ne provenait pas de l’Allemagne et qu’il était disposé à la modifier.
« La taxe sur les dépôts inférieurs à 100 000 euros n'est pas une création du gouvernement allemand », a expliqué M. Schäuble à des journalistes à Berlin.
« Nous n'aurions pas le moindre problème si quelqu'un trouvait une autre solution », a-t-il ajouté, ce qui alimente les spéculations à Bruxelles selon lesquelles la décision pourrait bientôt être modifiée.
La France est également ouverte à une version révisée de l'accord de renflouement pour Chypre, qui modifierait le niveau d'imposition des comptes bancaires, a déclaré lundi une source proche du président François Hollande.
« Il s'agit d'une décision à prendre entre les 17 [membres de la zone euro] et la BCE, mais les signaux envoyés à ce stade indiquent que cela nous convient », a indiqué cette source sous couvert de l'anonymat.
À Bruxelles, des sources de l'UE ont expliqué à EURACTIV que des modifications de l'accord de renflouement pourraient être convenues rapidement, peut-être lors d'une conférence téléphonique entre la troïka, à savoir l'UE, le Fonds monétaire international et la Banque centrale européenne.
Panique bancaire
Chypre a annoncé ce week-end qu'elle imposerait une taxe sur les comptes bancaires dans le cadre d'un plan de sauvetage de 10 milliards d'euros. Cette décision va à l'encontre de pratiques précédentes selon lesquelles les économies des déposants sont sacrées et a fait trembler l'Union européenne, ce qui a provoqué la chute de l'euro et la dérive des marchés d'actions.
Les habitants de l'île ont vidé les distributeurs d’argent afin d'obtenir leurs fonds pour le week-end.
La décision a également désarçonné les déposants des plus faibles économies de la zone euro et les investisseurs qui craignent un précédent qui raviverait l'agitation des marchés, calmés ces derniers mois par la promesse de la Banque centrale européenne de faire tout ce qu'elle peut pour sauver l'euro.
Vote du Parlement européen
Le Parlement chypriote doit maintenant adopter l'accord et un rejet pourrait entraîner à nouveau la zone euro dans la crise.
En amont de ce vote, le gouvernement chypriote travaillait à un projet destiné à apaiser les conséquences sur les plus petits épargnants, en optant pour une taxe sur les dépôts supérieurs à 100 000 euros, dont la plupart proviennent de Russie, ce qui irrite le président Vladimir Poutine.
Le gouvernement a déclaré que Chypre n'avait pas d'autre choix : soit elle acceptait les taxes sur les dépôts, soit elle faisait faillite.
Une source du gouvernement chypriote a expliqué à Reuters que l'introduction d'un seuil non soumis à la taxe pour les dépôts dans les plus petites banques étaient en cours de discussion, mais pas encore convenue.
La zone euro a indiqué que des changements étaient acceptables tant que le retour de 6 milliards d'euros était maintenu.
« Il revient seulement au gouvernement de décider s'il veut changer la structure de la […] contribution du secteur bancaire », a déclaré à des journalistes en marge d’une conférence à Berlin Jörg Asmussen, membre du directoire de la Banque centrale européenne, qui occupait un rôle central dans les négociations de ce week-end,.
« Il importe que la contribution financière reste de 5,8 milliards d'euros », a-t-il indiqué.