L’activité économique de la zone euro atteint son plus haut niveau depuis 16 mois
En septembre, l’activité économique de la zone euro a atteint son plus haut niveau depuis plus d’un an, malgré la faiblesse persistante de l’économie française et le ralentissement de la demande dans le secteur manufacturier allemand, selon une enquête publiée mardi 23 septembre.
L’indice composite provisoire des directeurs d’achat (Purchasing Managers’ Index, PMI) de la zone euro — qui mesure l’activité globale dans les secteurs des services et de l’industrie manufacturière dans les 20 pays de la zone — est passé de 51,0 à 51,2 entre août et septembre de cette année, atteignant son plus haut niveau depuis 16 mois et dépassant ainsi la barre des 50 points qui sépare la croissance de la contraction.
« La zone euro est toujours sur la voie de la croissance », a déclaré Cyrus de la Rubia, économiste en chef de la Hamburg Commercial Bank (HCOB), qui compile l’indice en collaboration avec la société américaine S&P Global.
Toutefois, Cyrus de la Rubia a averti que la zone euro était « encore loin de connaître une véritable dynamique », ajoutant que les perspectives pour le secteur manufacturier « semblaient quelque peu incertaines » en raison de la baisse des nouvelles commandes en Allemagne et en France.
Une forte augmentation de l’activité dans le secteur des services a conduit l’indice composite allemand à atteindre son plus haut niveau en 16 mois, (52,4), malgré une baisse marquée des prévisions des entreprises et de l’emploi dans le secteur manufacturier dans la plus grande économie de la zone euro.
En France, l’activité a toutefois reculé pour le 13e mois consécutif (48,4).
Jonas Feldhusen, économiste junior chez HCOB, a expliqué que les données françaises offraient « une mise au point réaliste » quant aux espoirs d’une reprise de l’activité dans la deuxième économie de la zone euro.
Il a ajouté que la faiblesse de la France dans les services et l’industrie manufacturière « devrait persister tant que l’impasse politique » à Paris continuera, l’Assemblée nationale du pays étant actuellement divisée entre des blocs rivaux de gauche, de droite et du centre.
L’enquête de mardi intervient dans un contexte de signaux de plus en plus mitigés concernant les perspectives économiques de l’Europe. La hausse des salaires réels, l’assouplissement des taux d’intérêt et l’engagement de Berlin à augmenter les dépenses d’infrastructure et de défense n’ont que partiellement compensé les dommages infligés aux exportateurs de l’UE par les droits de douane américains, la concurrence féroce des fabricants chinois et un euro plus fort.
Plus tôt ce mois-ci, la Banque centrale européenne a relevé ses prévisions de croissance pour la zone euro pour cette année de 0,9 % à 1,2 %, mais a abaissé ses projections pour 2026 de 0,1 point de pourcentage à 1 %. Ses perspectives pour 2027 sont restées inchangées à 1,3 %.
Toutefois, la BCE a averti qu’il existait une « incertitude considérable » quant à l’impact des baisses de taux d’intérêt opérées par la banque au cours de l’année écoulée et à la capacité des entreprises de l’UE à s’adapter à un environnement commercial mondial de plus en plus protectionniste.
Cyrus De la Rubia a également suggéré que la reprise de l’activité observée ce mois-ci ne devait pas masquer la faiblesse sous-jacente de la zone euro. « Il suffit de considérer que l’indice PMI composite […] a atteint un modeste 51,2 points, son plus haut niveau depuis 16 mois », a-t-il déclaré.
(asg)