« Laissez-moi tranquille » : la Commission défend une interview controversée d’Ursula von der Leyen

La Commission a balayé les critiques concernant une interview d’Ursula von der Leyen publiée ce week-end, qui consistait en des réponses écrites, sans entretien en face-à-face. « Les gens ne sont pas satisfaits », quelle que soit la nature des interventions médiatiques de la présidente de l’institution, a affirmé un porte-parole.

/ EURACTIV.com
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Ursula von der Leyen. [Getty Images]

L’interview « exclusive » d’Ursula von der Leyen est parue dimanche 21 septembre dans un groupe de six journaux européens — dont Die Welt, La Repubblica et Le Figaro — pour fêter les dix ans de la Leading European Newspaper Alliance (LéNA). La LéNA regroupe huit publications européennes, dont deux suisses.

Mais cette interview n’a pas été réalisée en face-à-face avec la présidente de la Commission. Il s’agissait plutôt d’une série de réponses écrites sous son nom, rapporte le journal belge Le Soir.

Le journal espagnol El País a refusé de participer et de publier l’article, jugeant que les conditions imposées par la Commission contredisaient ses directives éditoriales, a expliqué l’un des employés à Euractiv. Le journal suisse Tages-Anzeiger n’a quant à lui pas encore publié l’interview.

Interrogé lundi lors du point presse quotidien de la Commission sur les raisons pour lesquelles Ursula von der Leyen avait évité une rencontre directe avec les journalistes, le porte-parole adjoint Olof Gill a répondu : « Ma réponse est : laissez-moi tranquille ».

« Lorsque la présidente ne donne pas d’interviews, les gens ne sont pas contents ; lorsqu’elle donne des interviews, les gens ne sont pas contents », a-t-il continué. Le porte-parole a également insisté sur le fait que l’interview avait permis à la présidente de la Commission de s’exprimer en détail sur bon nombre de ses priorités.

Olof Gill a également nié que l’interview ait été accordée en échange d’un déjeuner privé entre les PDG et rédacteurs en chef des médias participants et Ursula von der Leyen au siège de la Commission, le Berlaymont, mercredi dernier (17 septembre).

« La présidente a convenu du format avec les journaux en question ; je suis donc surpris qu’ils le critiquent alors qu’ils l’avaient accepté », a expliqué le porte-parole de l’exécutif. Il n’a fait aucun commentaire sur la décision d’El País de ne pas publier l’interview.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte de critiques persistantes visant Ursula von der Leyen pour son refus de s’engager régulièrement auprès des médias européens et son contrôle strict de l’information émanant du Berlaymont.

Plus tard, Olof Gill a précisé que son appel aux médias à le « laisser tranquille » avait été formulé de manière « légèrement ironique ». « Je pense qu’il est normal d’avoir parfois le sens de l’humour, même depuis cette tribune », a-t-il déclaré.

(asg)