L’Allemagne cède aux pressions de ses voisins et annonce la suppression de sa surtaxe sur le gaz

Le gouvernement allemand a annoncé jeudi (30 mai) qu’il supprimerait sa surtaxe controversée sur le gaz transitant par son territoire en 2025, une mesure, qui, selon ses voisins, faisait augmenter le coût de l’abandon du gaz russe.

EURACTIV.com
Informal meeting of EU competitiveness ministers
Lors d’une réunion des ministres de l’Énergie de l’UE à Bruxelles jeudi (30 mai), le secrétaire d’État allemand Sven Giegold a annoncé que la taxe serait supprimée à partir du 1er janvier 2025. [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

Le gouvernement allemand a annoncé jeudi (30 mai) qu’il supprimerait sa surtaxe controversée sur le gaz transitant par son territoire en 2025, une mesure, qui, selon ses voisins, faisait augmenter le coût de l’abandon du gaz russe.

À l’été 2022, l’Allemagne a vu son principal fournisseur de gaz, Moscou, restreindre ses exportations. Le gouvernement s’était alors lancé dans des achats frénétiques, investissant dans le gaz à un moment où les prix étaient très élevés pour remplir ses stocks avant l’hiver.

Aujourd’hui, Berlin est confronté aux répercussions financières de l’achat de milliards de mètres cubes de gaz lorsque les prix étaient plus de cinq fois supérieurs aux prix actuels.

Pour compenser les pertes et couvrir les coûts de stockage associés, l’entreprise intermédiaire chargée de superviser ses marchés gaziers, Trading Hub Europe (THE), a décidé de prélever une surtaxe sur les ventes de gaz pour que les consommateurs en supportent le coût. Et les voisins de l’Allemagne ont également été mis à contribution, puisque tout gaz transitant dans les gazoducs allemands se voit imposer cette taxe additionnelle.

Récemment, l’opérateur avait annoncé qu’à partir de juillet, la surtaxe serait augmentée de 34 % pour atteindre 2,50 euros par MWh.

Cette annonce avait suscité une levée de boucliers de plusieurs pays, qui estiment que la taxe allemande entrave l’abandon progressif du gaz russe, puisque le gaz provenant d’ailleurs importé via les terminaux de gaz naturel liquéfié (GNL) d’Europe occidentale devient ainsi plus coûteux (une augmentation de près de 10 % du prix de gros).

L’Autriche et la République tchèque, deux pays enclavés dépendant du gaz importé via le territoire allemand, ont activement contesté cette mesure.

Lors d’une réunion des ministres de l’Énergie de l’UE à Bruxelles ce jeudi (30 mai), le secrétaire d’État allemand Sven Giegold a annoncé que la taxe serait supprimée à partir du 1er janvier 2025 pour les consommateurs étrangers.

« Cela soutiendra l’intégration des marchés européens de l’énergie », a-t-il expliqué, ajoutant que l’intention du système n’avait jamais été d’entraver l’abandon du gaz russe.

Désormais, le coût total des achats de 2022 devrait désormais être répercuté sur les consommateurs allemands uniquement.

Avant la suppression de la taxe, l’augmentation planifiée de 34 % sur six mois dès le 1er juillet sera maintenue.

Pour l’Europe de l’Est, le début de l’année 2025 est une date clé, car l’accord de transit du gaz entre le Kremlin et l’Ukraine expirera, ce qui pourrait perturber les livraisons de gaz à l’Autriche, la Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque.

Grâce à la suppression cette surtaxe, le gaz d’Europe occidentale importé via l’Allemagne devrait coûter autant que les livraisons en provenance de Russie, ce qui permettra à ces pays de se détourner plus aisément des approvisionnements russes.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]