L’Allemagne cherche à apaiser les tensions commerciales avec la Chine
En visite en Chine à partir de vendredi (21 juin), le ministre allemand de l’Économie Robert Habeck espère apaiser les tensions liées aux droits de douane récemment annoncés par l’UE sur les véhicules électriques chinois.
En visite en Chine cette semaine, le ministre allemand de l’Économie Robert Habeck (Alliance 90/Les Verts) espère apaiser les tensions liées aux droits de douane récemment annoncés par l’UE sur les véhicules électriques chinois.
Le ministre débute un voyage en Corée et en Chine mercredi (19 juin) et devrait s’entretenir avec des responsables du ministère du Commerce à Pékin samedi (22 juin).
« Le moment pour une visite en Chine pourrait difficilement être plus opportun », a expliqué à Euractiv Sandra Detzer, députée écologiste en charge des affaires économiques au Bundestag. C’est « précisément en raison des différends sur les droits de douane entre Pékin et Bruxelles, nous devons à présent utiliser tous les canaux de communication disponibles. »
Après une visite en Corée, le ministre allemand et une délégation de représentants d’entreprises et de députés se rendront en Chine vendredi (21 juin). Le lendemain, M. Habeck devrait rencontrer des représentants du ministère chinois du Commerce et la Commission nationale du développement et de la réforme pour discuter des questions commerciales actuelles.
Un porte-parole du ministère a indiqué vendredi dernier que les négociations porteraient sur « les développements géopolitiques, les relations économiques bilatérales et d’autres défis mondiaux tels que la protection du climat ».
La semaine dernière, la Commission européenne a annoncé des droits de douane préliminaires de 17,4 % à 38,1 % sur les véhicules électriques chinois. Les nouveaux droits de douane devraient officiellement entrer en vigueur le 4 juillet, à moins qu’une solution ne soit trouvée entre l’UE et la Chine avant cette date.
L’exécutif européen mènera des négociations officielles avec ses homologues chinois, mais l’Allemagne souhaite tout particulièrement être impliquée dans les discussions avec la Chine, quatrième pays d’exportation de l’Allemagne.
En effet, d’éventuelles mesures de rétorsion de la part de Pékin affecteraient beaucoup les exportations allemandes et les chaînes d’approvisionnement de l’industrie automobile du pays.
« La Chine est un marché de vente et d’approvisionnement très important pour les entreprises allemandes. L’année dernière, le volume des échanges bilatéraux s’est élevé à 254 milliards d’euros, soit un douzième du total des échanges de marchandises de l’Allemagne », a expliqué le porte-parole du ministère vendredi.
Immédiatement après l’annonce de la Commission la semaine dernière, M. Habeck a appelé à des discussions avec le géant asiatique, qui, selon son porte-parole, devraient avoir pour but « d’éviter une spirale de droits de douane ».
En représailles, la Chine a annoncé lundi (17 juin) une enquête antidumping sur la viande de porc européenne. Bien que cette mesure ait suscité l’inquiétude des producteurs, elle n’a pas représenté l’escalade des tensions que certains craignaient.
« Si la Chine fait désormais référence à des procédures conformes aux règles de l’Organisation mondiale du commerce pour la viande de porc, cela montre une chose : les deux parties semblent vouloir un commerce mondial fondé sur des règles. Cela pourrait constituer une base commune pour des discussions constructives à Pékin », note Sandra Detzer.
L’enquête sur la viande de porc n’affectera pas directement l’Allemagne, car la Chine a interdit les exportations de viande de porc en provenance du pays depuis l’épidémie de peste porcine africaine en 2020, une question que le gouvernement allemand souhaite également aborder lors de discussions bilatérales.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]