L’Allemagne inquiète du résultat des élections en Italie, les critiques fusent contre le PPE
La victoire de la candidate d’extrême droite Giorgia Meloni aux élections italiennes a déclenché de vives réactions en Allemagne. Certains responsables politiques de premier plan de plusieurs partis n'ont pas caché leur inquiétude.
La victoire de la candidate d’extrême droite Giorgia Meloni aux élections italiennes a déclenché de vives réactions en Allemagne. Certains responsables politiques de premier plan de plusieurs partis n’ont pas caché leur inquiétude.
À l’exception du parti d’extrême droite AfD, qui a félicité la victoire de la coalition des droites et de l’extrême droite, tous les grands partis allemands se sont montrés particulièrement inquiets. Les sociaux-démocrates, en particulier, ont critiqué le groupe conservateur du Parti populaire européen (PPE) au Parlement européen pour avoir apporté son soutien au parti Forza Italia de Silvio Berlusconi.
« Ce jour est un jour amer pour tous ceux qui veulent une Europe forte et démocratique. Avec sa victoire électorale, la néo-fasciste Georgia Meloni et l’alliance de droite qu’elle dirige sont au seuil du pouvoir en Italie », a déclaré le vice-président du groupe parlementaire du parti social-démocrate allemand (SPD), Achim Post, dans un communiqué.
Et le vice-président d’abonder : c’est un « échec politique et moral historique du Parti populaire européen sous Manfred Weber, qui a contribué à promouvoir cette avancée de la droite en Italie. »
M. Post a également reproché aux dirigeants des partis conservateurs allemands de la CDU et de la CSU bavaroise de ne pas se prononcer contre le centre droit italien et de « faire bon ménage avec une alliance de droite dirigée par des néo-fascistes. »
Le chef du PPE, Manfred Weber, également membre de la CSU, a ouvertement soutenu l’alliance de M. Berlusconi avec Mme Meloni et a déclaré samedi que son parti serait « profondément européen ».
Le malaise de la droite allemande
Après des semaines de silence, le Premier ministre bavarois et chef de la CSU, Markus Söder, a finalement pris la parole contre M. Berlusconi — mettant ainsi à mal la position de son collègue de parti, M. Weber.
« Nous avons toujours dit clairement que nous tirons un trait sur les groupes de droite radicale, néofascistes, c’est aussi l’opinion majoritaire au sein de la CSU », a affirmé M. Söder lundi après la réunion des dirigeants de la CSU à Munich.
D’après le quotidien Süddeutsche Zeitung, M. Weber a été vivement critiqué par son propre parti. M. Söder a notamment qualifié son soutien à Silvio Berlusconi d’« erreur stratégiquement grave ».
Les Russes ont « sabré le champagne »
D’autres représentants de partis ont également exprimé leurs inquiétudes, le coprésident des Verts Omid Nouripour déclarant que l’alliance de droite aurait « des liens très étroits avec le Kremlin ».
Ainsi, il est probable que les responsables politiques ont « sabré le champagne à Moscou hier soir » pour célébrer le succès de la coalition électorale de droite.
La vice-présidente du Parlement européen et ancienne ministre allemande de la Justice, Katarina Barley, a même averti que le rôle de Mme Meloni en tant que Première ministre serait « calqué sur celui de Victor Orbán et de Donald Trump », a indiqué la responsable sociale-démocrate.