L’ambassadeur des États-Unis en Hongrie dénonce le déficit démocratique hongrois
Le « manque de valeurs démocratiques » de la Hongrie justifie la décision du président américain Joe Biden de ne pas inviter la Hongrie au Sommet pour la démocratie. C’est ce qu’a déclaré l’ambassadeur des États-Unis en Hongrie, David Pressman, lors d’une réunion à huis clos mercredi (29 mars).
Le « manque de valeurs démocratiques » de la Hongrie justifie la décision du président américain Joe Biden de ne pas inviter la Hongrie au Sommet pour la démocratie. C’est ce qu’a déclaré l’ambassadeur des États-Unis en Hongrie, David Pressman, lors d’une réunion à huis clos mercredi (29 mars).
Conçu par Joe Biden comme un moyen de restaurer la crédibilité des États-Unis après la présidence de l’ancien président Donald Trump marquée par l’assaut du Capitole, le Sommet pour la démocratie a tenu sa deuxième édition qui a débuté mardi et s’est concentrée sur la guerre en Ukraine.
M. Biden a invité tous les pays de l’UE, à l’exception de la Hongrie — une tournure des événements qui s’explique, pour le ministère hongrois des Affaires étrangères, par un désaccord politique avec les États-Unis.
Le gouvernement hongrois « n’est pas d’accord avec les politiques de M. Biden relatives à la guerre en Ukraine, à la migration ou au genre », mais soutient les politiques de M. Trump, a expliqué une source du ministère à la presse.
Commentant la situation, M. Pressman a affirmé que l’absence d’invitation n’était pas une question d’amitié avec l’ancien président ou celui en fonction, mais une question de déficit démocratique de la Hongrie.
M. Pressman a rappelé que le gouvernement hongrois a récemment prolongé l’état d’urgence, au cours duquel le gouvernement peut adopter des lois par décret et contourner le Parlement.
Après que le mécanisme a été enclenché pour la première fois en 2016 en raison de la « crise migratoire massive », le gouvernement a introduit un nouvel état d’urgence, invoquant la pandémie, qui a duré jusqu’en juin 2022 et a considérablement étendu le champ d’application de la gouvernance par décret. Les pouvoirs d’urgence ont de nouveau été attribués au gouvernement en réponse à la guerre en Ukraine en février de l’année dernière.
Le gouvernement de M. Orban a utilisé les pouvoirs d’urgence pour adopter 18,5 % de l’ensemble de la législation en 2022, y compris des lois sans rapport avec la guerre, telles que celles facilitant le licenciement des enseignants ou la dissimulation des activités passées du gouvernement.
Le gouvernement disposant d’une majorité des deux tiers au Parlement, il n’aurait aucune difficulté à faire passer des lois dans le cadre d’une procédure traditionnelle.