L’ancien ministre portugais João Gomes Cravinho nommé représentant spécial de l’UE pour le Sahel
Les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont approuvé lundi 18 novembre la nomination de l’ancien ministre portugais des Affaires étrangères João Gomes Cravinho en tant que représentant spécial de l’UE pour le Sahel — une région stratégique pour l’UE.
Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne (UE) ont approuvé la nomination de l’ancien ministre portugais des Affaires étrangères João Gomes Cravinho en tant que représentant spécial de l’UE pour le Sahel — une région stratégique pour l’UE en matière de sécurité et de stabilité.
« Le Conseil a nommé João [Gomes] Cravinho représentant spécial de l’Union européenne (RSUE) pour la région du Sahel », peut-on lire dans un communiqué du Conseil.
Il « contribuera activement aux efforts régionaux et internationaux visant à instaurer durablement paix, sécurité, stabilité et développement durable dans la région, qui comprend le Burkina Faso, le Tchad, le Mali, la Mauritanie et le Niger » et « dialoguera également avec les pays du bassin du lac Tchad et d’autres pays et entités régionales ou internationales dans la région et au-delà, y compris le Maghreb, le golfe de Guinée et les pays voisins touchés par les dynamiques qui sont à l’œuvre au Sahel », précise le Conseil.
La nomination a été décidée la semaine dernière et officialisée lundi 18 novembre lors du Conseil « Affaires étrangères » qui se tenait à Bruxelles. João Gomes Cravinho devrait prendre ses fonctions en décembre et les exercer jusqu’en août 2026.
Le poste de représentant spécial de l’Union européenne pour la région du Sahel a été créé en 2013 pour promouvoir le dialogue politique, la cohérence et la coordination dans la région.
Le Sahel est une vaste région qui s’étend sur toute l’Afrique, du Sénégal à l’Érythrée, mais l’UE se concentrera sur la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Tchad et le Niger. Ces dernières années, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont été le théâtre de coups d’État créant l’instabilité. Une attention particulière sera également accordée aux pays de la côte atlantique.
La région connaît actuellement plusieurs crises simultanées, comme une crise sécuritaire avec des attaques régulières de rebelles armés ou de groupes islamistes contre les civils et les forces de sécurité, également alimentées par des violences interethniques.
Elle revêt une grande importance pour l’UE en ce qui concerne la sécurité et la stabilité, les engagements internationaux en matière de climat et de développement durable, et les routes migratoires vers l’Europe.
L’approche adoptée par Bruxelles combine l’engagement politique, le soutien à la sécurité et à la défense, ainsi qu’une aide humanitaire et au développement substantielle ; depuis 2014, l’UE et ses États membres ont mobilisé environ 8 milliards d’euros à cette fin.
Mi-octobre, João Gomes Cravinho avait confié à l’agence de presse portugaise Lusa que l’UE était la seule puissance mondiale capable de s’intéresser activement à la région à un moment où l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et d’autres organismes internationaux ont d’autres préoccupations.
« Si nous [l’UE] ne nous en occupons pas, personne d’autre ne le fera, parce que les États-Unis considèrent le Sahel comme un problème qui touche l’Europe, l’OTAN n’a pas non plus les outils ou la vocation pour travailler ici, et c’est donc à l’Union européenne d’utiliser ses outils pour générer une dynamique différente dans la région », avait-il ajouté.
Le nouveau représentant spécial de l’UE pour le Sahel épaulera la Haute représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité Kaja Kallas (tous deux devant prendre leurs fonctions à partir du 1er décembre) à définir une approche renouvelée à l’égard de la région.
Les représentants spéciaux de l’UE, proposés par le Haut représentant, défendent les politiques et intérêts de l’Union dans des régions ou sur des dossiers clés pour Bruxelles. Actuellement, onze représentants spéciaux soutiennent les actions de l’actuel Haut représentant, Josep Borrell, dans ses efforts pour promouvoir la paix, la stabilité et l’État de droit.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]