L’ancien Premier ministre Boyko Borissov remporte les élections bulgares, mais pas le pouvoir

Lors des quatrièmes élections bulgares en un an et demi, les sondages à la sortie des urnes placent le parti de l’ex-Premier ministre Boyko Borissov en tête, avec 25,5 % des voix, ce qui rendra probablement très difficile la formation d’un gouvernement stable.

EURACTIV Bulgarie
Sofia,,Bulgaria,-,12,January,2018:,Prime,Minister,Of,Bulgaria
L'ancien Premier ministre de Bulgarie Boïko Borissov. [<a href="https://www.shutterstock.com/fr/g/Cylonphoto" target="_blank" rel="noopener">Shutterstock/Belish</a>]

Lors des quatrièmes élections bulgares en un an et demi, les sondages à la sortie des urnes placent le parti de l’ex-Premier ministre Boyko Borissov en tête, avec 25,5 % des voix, ce qui rendra probablement très difficile la formation d’un gouvernement stable.

Des élections législatives anticipées, convoquées à la suite de la chute du gouvernement de Kiril Petkov en juin, ont eu lieu en Bulgarie dimanche (2 octobre).

Le parti d’opposition (Nous continuons le changement) arrive en deuxième position avec 19,9 %, selon les premiers sondages de sortie des urnes, comme celui publié par l’agence Alpha Research.

Le Mouvement des droits et des libertés, DPS, qui représente largement la minorité turque du pays, arrive en troisième position.

Suivent de près le Parti socialiste bulgare avec 10,2 %, le radical pro-russe Vazrazhdane avec 10 %, et la coalition pro-européenne Bulgarie démocratique avec 7,9 %.

La formation populiste « Il y a un tel peuple », qui a obtenu 4,2 %, est à peine parvenue à franchir le seuil des 4 % requis pour obtenir des sièges au Parlement. La participation électorale a toutefois été très faible, de l’ordre de 35 %.

Les analystes politiques du pays s’accordent tous à dire que la Bulgarie n’aura probablement pas de gouvernement, notamment en raison des violents affrontements politiques qui ont eu lieu l’année dernière entre les deux principaux partis, GERB et Nous continuons le changement.

Le parti de M. Borissov incarne le statu quo et la stabilité, tandis que le parti de M. Petkov parle de la nécessité de réformes, de la lutte contre la corruption et de l’augmentation des dépenses sociales.

Les deux partis ont cependant coupé la plupart des ponts, notamment après que M. Borissov a passé une nuit au poste de police – sans être poursuivi – sous le gouvernement de M. Petkov.

Néanmoins, les deux partis maintiennent un programme pro-européen, ce qui signifie qu’ils pourraient former une « coalition euro-atlantique » stable s’ils se rangeaient du côté de la coalition Bulgarie démocratique — ce qui nécessite d’énormes concessions de la part de toutes les parties concernées.

Il s’agit de la quatrième élection parlementaire au cours des 18 derniers mois. Malgré cela, si d’ici cinq mois aucun gouvernement n’est formé, de nouvelles élections seront organisées.

Néanmoins, les quatre élections précédentes ont montré que les partis pro-russes ont généralement du mal à obtenir de nouveaux sièges au Parlement, puisque seul un électeur sur cinq a voté pour eux cette fois-ci, bien que le parti radical pro-russe Vazrazhdane ait réussi à doubler son résultat.

Le GERB (centre-droit), pour sa part, a été constant tout au long des quatre dernières élections parlementaires, gagnant entre 22,7 % et 26,1 % des voix, tandis que le parti de M. Petkov a perdu un quart des voix en 11 mois.