L’Assemblée nationale annonce une enquête sur le recours excessif aux cabinets de conseil dans l’administration
Le député de La France Insoumise et président de la Commission des finances, Eric Coquerel, a annoncé jeudi (7 juillet) qu’il déclencherait une enquête sur le recours excessif de l’administration française à des sociétés de conseil.
Le député de gauche radicale (LFI) et président de la commission des finances, Eric Coquerel, a annoncé jeudi (7 juillet) qu’il déclencherait une enquête sur le recours excessif de l’administration française à des sociétés de conseil telles que McKinsey et Capgemini pour des contributions politiques, notamment dans la stratégie de déploiement du vaccin contre la Covid-19.
Il s’agit de la première démarche publique de M. Coquerel en tant que président de la commission. Il entend approfondir « le rapport qualité/prix de ces sociétés de conseil, leur nécessité, le rôle qu’elles ont joué dans l’élaboration de la politique française et les raisons pour lesquelles l’administration s’appuie sur elles comme elle le fait », a-t-il déclaré.
Le président de la commission des finances peut mettre en place une « mission d’information », destinée à recueillir des informations sur une question spécifique. Aucun des acteurs convoqués pour répondre aux questions n’a l’obligation légale d’y participer.
Les critiques n’ont pas manqué de rappeler qu’un travail identique avait été effectué par le Sénat français, au lendemain des révélations, en janvier dernier. L’enquête du Sénat avait révélé que l’administration française avait dépensé, en 2021, plus d’un milliard d’euros pour des travaux de conseil externalisé.
« J’annonce qu’un travail sérieux et rigoureux a déjà été réalisé au Sénat par une commission d’enquête transpartisane qui a ensuite déposé une proposition de loi qui ne se limite pas à des “polémiques” » pour faire cesser ces pratiques, a déclaré, non sans ironie, la sénatrice communiste Eliane Assassi sur Twitter.
Le « McKinseygate » avait suscité de nombreuses polémiques tout au long de la campagne présidentielle. Emmanuel Macron, candidat à un second mandat, avait été accusé d’avoir des liens trop étroits avec l’industrie. Parmi ses proches, Paul Midy, directeur général du parti d’Emmanuel Macron, La République en marche (aujourd’hui devenu Renaissance), était un ancien associé de McKinsey. Il en va de même pour Mathieu Maucourt, aujourd’hui directeur de cabinet du Trésor français.
M. Coquerel a été élu président du comité des finances après une vive controverse — ses adversaires l’accusant de vouloir révéler des secrets fiscaux à la presse. Il a clairement indiqué dans un entretien accordé à EURACTIV France qu’il serait un « véritable contre-pouvoir » et contribuerait à contrôler le « système néolibéral ».
[Edité par Davide Basso]