Le Bundestag approuve l’aide aux banques espagnoles
La très grande majorité des députés présents, issus du gouvernement et de l’opposition, ont donné le feu vert à l’aide qui sera octroyée par le Fonds européen de stabilité à un fonds de sauvetage du gouvernement espagnol.
La très grande majorité des députés présents, issus du gouvernement et de l’opposition, ont donné le feu vert à l’aide qui sera octroyée par le Fonds européen de stabilité à un fonds de sauvetage du gouvernement espagnol.
Une large majorité des députés du Bundestag ont approuvé un plan d’aide à hauteur de 100 milliards d’euros en faveur des banques espagnoles. 473 des 583 députés présents se sont prononcés pour, 97 ont voté contre. 13 parlementaires se sont abstenus.
Le programme a ainsi été adopté par les voix des députés issus de tous les groupes politiques, à l’exception de ceux du parti d’extrême gauche « Die Linke ».
Le gouvernement de la chancelière d’Angela Merkel n’a pourtant pas réuni, à lui seul, la majorité nécessaire, dite « majorité du chancelier ». 22 députés de la coalition de gouvernement (CDU/CSU, FDP) ont voté contre le programme d’aide, rapporte l’agence de presse Reuters.
L’exécutif allemand est contraint de solliciter le parlement avant de prendre des engagements financiers à travers le fonds européen de stabilité financière (FESF).
L’État espagnol responsable
Le ministre des Finances Wolgang Schäuble (CDU) s’est prononcé, avant le vote, devant les parlementaires.
« Nous contribuons avec les aides à l’Espagne à la stabilité de la zone dans son ensemble », a-t-il justifié.
Le ministre a également souligné à plusieurs reprises que le gouvernement espagnol était entièrement responsable de l’aide octroyée aux banques en difficulté.
« L’Espagne a fait la demande, l’Espagne reçoit l’argent pour la recapitalisation des banques, et l’Espagne en tant qu’État est responsable des crédits du FESF », a-t-il déclaré dans son discours de politique générale.
L’État espagnol s’est par ailleurs engagé à poursuivre des réformes structurelles d’envergure, a estimé M. Schäuble. Leur mise en œuvre sera surveillée par l’Europe, a-t-il également précisé.
La troïka à Madrid
Le chef du groupe parlementaire des libéraux Rainer Brüderle (FDP) n’a pas mâché ses mots quant au suivi des réformes par les bailleurs de fonds. « La troïka sera envoyée en Espagne », a-t-il lancé à ses homologues.
Une recapitalisation directe des banques espagnoles par le mécanisme européen de stabilité (MES) ne sera envisageable qu’après l’établissement d’une surveillance bancaire européenne effective, ont souligné plusieurs orateurs issus du camp d’Angela Merkel.
Et cela prendra du temps, a estimé M. Brüderle, qui a évoqué une période allant de un à deux ans.
Manque d’orientation
Les sociaux-démocrates du SPD, dans l’opposition depuis 2009, refusent une recapitalisation directe des banques.
Le chef du groupe parlementaire et ancien ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a reproché au gouvernement de manquer d’objectifs clairs dans la gestion de la crise de la zone euro.
La chef de l’extrême-gauche allemande Sarah Wagenknecht (Die Linke) a critiqué les aides octroyées aux banques. « C’est aux investisseurs de payer pour le sauvetage des banques, et non pas aux contribuables », a-t-elle déclaré pour expliquer son vote contre les 100 milliards d’euros pour l’Espagne. Die Linke est favorable à une nationalisation des principaux instituts bancaires.
Les ministres des Finances de la zone euro devront approuver le programme d’aide vendredi 20 juillet, lors d’une conférence téléphonique. Le déboursement d’une première tranche de 30 milliards d’euros est prévu d’ici la fin du mois de juillet.