Manfred Weber condamne les contrôles aux frontières intérieures de l'UE
Plusieurs pays de l’UE ont récemment introduit des contrôles temporaires aux frontières pour freiner l’immigration irrégulière. Sceptique, Manfred Weber affirme au contraire que c’est la protection des frontières extérieures de l’UE qui permettra aux pays européens de réduire l’immigration.
Plusieurs pays de l’UE, dont l’Allemagne et l’Italie, ont récemment introduit des contrôles temporaires aux frontières pour freiner l’immigration irrégulière, un coup dur l’espace Schengen. Sceptique, Manfred Weber, leader du Parti populaire européen (PPE), affirme au contraire que c’est la protection des frontières extérieures de l’UE qui permettra aux pays européens de réduire l’immigration de manière permanente.
Les partis membres du PPE, dont celui de M. Weber, la CDU/CSU de centre droit, ont également appelé à de nouveaux contrôles, ce qui a incité le chef du PPE à rappeler à son parti l’importance d’une réponse européenne à long terme face à l’augmentation de l’immigration.
Le conflit en cours au Moyen-Orient a également vu augmenter les contrôles aux frontières, sur fond d’inquiétude quant à l’afflux de réfugiés en provenance de Palestine.
« Je veux que vous vous demandiez sérieusement si nous croyons vraiment que la réintroduction des contrôles aux frontières sera la solution », a déclaré M. Weber lors de la conférence annuelle de l’aile jeunesse de la CDU/CSU samedi (21 octobre).
« Je n’y crois guère, c’est le moins que l’on puisse dire », a-t-il poursuivi.
Tout en approuvant les contrôles temporaires, M. Weber a demandé aux pays de l’UE de « sécuriser nos frontières [extérieures] ainsi que la libre circulation au sein de l’Europe ».
La conférence avait pour thème l’Europe, mais les discours qui ont précédé celui de M. Weber ont mis en évidence l’importance accordée par le parti à l’immigration, et à la confrontation avec le gouvernement de coalition de centre gauche de l’Allemagne.
Markus Söder, le leader de la CSU, a exhorté le gouvernement à adopter un régime de frontières intérieures encore plus strict, tandis que Friedrich Merz, le leader national, a mis l’accent sur l’approche prétendument hésitante de la coalition en matière d’immigration.
Silence radio sur l’Europe
Bien qu’ils soient les deux favoris pour devenir le candidat commun de la CDU/CSU à la chancellerie en 2025, ni M. Merz ni M. Söder n’ont jusqu’à présent formulé de proposition plus concrète en matière de politique européenne et étrangère.
La CDU/CSU est actuellement en pole position dans la course à la chancellerie, après deux victoires récentes aux élections régionales.
Le silence du parti national sur les questions européennes est d’autant plus surprenant qu’il tient fermement les rênes du pouvoir européen. En plus de M. Weber, qui est à la tête du plus grand groupe de partis au Parlement européen, on retrouve Ursula von der Leyen, membre de la CDU et présidente de la Commission, qui était également présente à la conférence.
Mme Von der Leyen a elle aussi souligné la nécessité d’une intégration plus poussée en réponse aux problèmes dominants de la politique mondiale.
« La meilleure réponse aux problèmes les plus importants, est notre communauté européenne », a-t-elle déclaré dans son discours de dimanche.
En fin de compte, M. Weber a déclaré que la CDU/CSU ne devrait pas se contenter de se plaindre des politiques européennes du gouvernement, et a appelé le parti à développer une vision claire de l’Europe de demain.