Le Comité économique et social européen en faveur d’une participation permanente des jeunes dans le processus législatif
La participation des jeunes dans l’élaboration des politiques devrait être « permanente », a déclaré Oliver Röpke, président du Comité économique et social européen, lors d’un entretien avec Euractiv.
La participation des jeunes dans l’élaboration des politiques devrait être « permanente », a déclaré Oliver Röpke, président du Comité économique et social européen (CESE), lors d’un entretien avec Euractiv, ajoutant que celle-ci ne devrait pas servir de « faux-fuyant ».
Le CESE, un organe consultatif de l’UE composé de représentants d’organisations de travailleurs et d’employeurs et d’autres groupes d’intérêts, est la première institution à mettre en œuvre une « évaluation d’impact de l’UE du point de vue des jeunes ». Cet outil participatif a pour objectif d’amener les jeunes et les organisations de jeunesse à rédiger des avis qui seront ensuite pris en compte dans le processus législatif de l’UE.
« Lors du dernier mandat, nous avions déjà assuré notre intention de promouvoir la participation et la contribution des jeunes », a expliqué Oliver Röpke à Euractiv.
Le « dialogue de l’UE en faveur de la jeunesse », un autre outil participatif mis en place par le Forum européen de la jeunesse, a été implémenté en 2009 pour faciliter le dialogue entre les jeunes et les législateurs.
L’évaluation d’impact de l’UE du point de vue des jeunes vise à donner aux jeunes et aux organisations de jeunesse la possibilité de participer à la prise de décisions, en particulier celles qui affecteront leur vie à long terme. Cette évaluation leur permettra de donner un avis sur des questions telles que le changement climatique.
« La lutte contre le changement climatique est un sujet qui intéresse les jeunes au plus haut point », a déclaré M. Röpke. « C’est pourquoi nous avons toujours fait appel à un de leurs délégués [lors des conférences COP sur le climat], ce qui a grandement contribué à nous ouvrir l’esprit. »
Un appel à candidatures a été lancé en ligne pour les jeunes âgés de 18 à 30 ans. Un panel au sein du CESE examinera les candidatures et la décision finale pour la sélection reviendra au Bureau, composé du président et de 19 membres élus.
Vers une structure permanente
L’évaluation de la jeunesse figurait déjà dans le manifeste de M. Röpke, publié lors de sa nomination à la présidence du CESE en avril dernier.
« Dans mon manifeste, je me suis engagé à mettre en place une structure permanente pour les jeunes au sein de l’institution », a déclaré M. Röpke.
En ce qui concerne la mise en pratique de l’évaluation, les participants sont invités à réfléchir à d’autres méthodes permanentes permettant d’inclure les jeunes dans les processus décisionnels de I’Union. Le groupe CESE des Jeunes permettra à ce dernier de poursuivre la mise en œuvre d’évaluations de la jeunesse au-delà des projets pilotes déjà en cours.
Plutôt que de demander l’avis des jeunes de manière ponctuelle, M. Röpke a déclaré que le CESE des Jeunes devrait apporter une solution plus permanente et structurelle à l’inclusion de la voix des jeunes dans l’examen des législations.
« Je pense que nous ne pouvons pas le faire uniquement sur une base ad hoc, cela serait très insuffisant », a déclaré M. Röpke. « La présence de jeunes devrait faire l’objet d’une décision majeure ici dans l’hémicycle. »
L’évaluation, pas un subterfuge
Parmi les aspects principaux de l’évaluation d’impact de l’UE du point de vue des jeunes, M. Röpke note que celle-ci « ne doit pas être un faux-fuyant pour nos activités ». Au contraire, elle devrait s’ajouter aux outils participatifs existants sans les remplacer, ni éluder les questions pertinentes qui se posent actuellement.
« Progressivement, nous voulons devenir un point de rencontre pour la société civile et les organisations de jeunesse », a ajouté M. Röpke.
La mise en œuvre de cette évaluation concerne les États membres, mais aussi le Royaume-Uni et les pays candidats à l’adhésion à l’UE.
« Je pense que nous sommes tous d’accord pour dire que le contexte géopolitique a radicalement changé », a déclaré M. Röpke. « Nous pouvons le constater aujourd’hui, l’élargissement est à l’ordre du jour politique, même s’il n’aura pas lieu aujourd’hui ou demain. Il se produira dans quelques années, et l’Europe doit se positionner ».
« Il est peut-être un peu plus facile pour nous d’impliquer nos partenaires des pays candidats, mais je pense que d’autres devraient suivre », a déclaré M. Röpke, soulignant le pouvoir limité du CESE, qui ne fournit que des consultations sur l’élaboration des politiques de l’UE.
Alors que l’évaluation cherche à recueillir des voix diverses en fonction de la géographie, de l’âge, du sexe et de l’équilibre des intérêts, elle n’a pas mis en place de mesures visant à assurer la diversité raciale, de sexualité et d’aptitudes.
« Nous voulons faire un pas après l’autre », a déclaré M. Röpke. « Mais nous allons sans aucun doute réfléchir à des mesures visant à renforcer l’égalité et l’inclusion au sein de notre institution », a-t-il ajouté.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]