Le consensus sur la réforme des banques s'effondre avant le G20
Pour ceux qui attendaient un G20 qui concrétiserait les promesses de réformes du secteur financier - comme l'imposition d'une taxe bancaire - la prochaine rencontre des dirigeants sera une déception car le consensus politique s'essouffle, selon des sources présentes lors des discussions préliminaires du groupe.
Pour ceux qui attendaient un G20 qui concrétiserait les promesses de réformes du secteur financier – comme l'imposition d'une taxe bancaire – la prochaine rencontre des dirigeants sera une déception car le consensus politique s'essouffle, selon des sources présentes lors des discussions préliminaires du groupe.
Les négociations vont assez mal débuter, alors que les délégations qui se préparent à la réunion sont de plus en plus irritées par la suffisance canadienne, selon un expert politique qui a suivi de près les négociations entre sherpas à Berlin la semaine dernière.
Les dirigeants devraient se réunir pour une rencontre préliminaire à Busan en Corée du sud demain (4 juin) pour forger un consensus sur certaines mesures visant à amortir les futurs renflouages.
La semaine dernière, la Commission européenne a proposé d'imposer une taxe sur les bilans des banques pour aider à assouplir de possibles faillites (EURACTIV 26/05/10).
Cependant, ce consensus est d'ores et déjà remis en cause, les représentants français et allemand étant mécontents face au manque d'enthousiasme pour une telle taxe, notamment du côté canadien, a déclaré à EURACTIV une source proche des discussions de Berlin.
De plus, le secrétaire d'Etat américain au Trésor Timothy Geithner a déclaré à la presse à Séoul qu'un accord était improbable malgré le soutien européen en faveur d'une taxe.
Il n'existe pas de soutien universel en faveur d'une taxe bancaire au sein du G20, tout au moins pour le moment. Et je ne pense pas que cela change en Corée, a-t-il affirmé.
Le message porté par la délégation canadienne est que leur banque sont bien règlementées et bien taxées, et c'est pourquoi ils ne voient pas de raison d'introduire des taxes, a ajouté cette source
Les délégations craignent désormais que des problèmes similaires à ceux qui bloquent l'adoption d'une taxe bancaire ne se posent pour d'autres mesures avancées, comme les salaires des banquiers ou les exigences de capital.
D'autre part, un responsable washingtonien interviewé par EURACTIV a prédit que le G20 produirait un accord symbolique sur l'augmentation des exigences de capital et sur la réduction de la taille des banques "too big to fall", deux principes déjà acceptés lors du sommet de Pittsburgh.
Ce sommet ne permettra pas de beaucoup avancer, a déclaré la source, proche du processus de réforme du gouvernement américain.
Cette source s'est également attardée sur le sentiment d'angoisse qui règne au Capitole par rapport aux évènements en Europe, comme la crise de dette grecque. Ils craignent que cela ait affaibli la capacité de l'Union à adopter une politique macroéconomique coordonnée au G20.
Le gouvernement américain, selon cette source, regarde de près l'UE, craignant que les récentes initiatives pour sévir contre le secteur financier ne puissent déstabiliser le secteur bancaire américain avant que celui-ci n'ait récupéré de la crise.
La ministre française des finances Christine Lagarde a critiqué l'initiative récente de l'Allemagne de bannir les ventes à découvert à nu le mois dernier et a appelé l'UE à établir une approche commune en amont du G20 (EURACTIV 03/06/10).