Le Danemark gardera ses distances dans les négociations sur le traité européen

La future présidence danoise de l’UE a fait savoir vendredi (16 décembre) qu’elle jouera un rôle de second plan dans les négociations sur le traité intergouvernemental décidé par les leaders européens lors du sommet du 8 et 9 décembre.

EURACTIV.com
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La future présidence danoise de l’UE a fait savoir vendredi (16 décembre) qu’elle jouera un rôle de second plan dans les négociations sur le traité intergouvernemental décidé par les leaders européens lors du sommet du 8 et 9 décembre.

La présidence danoise contribuera aux négociations sur le nouveau traité intergouvernemental visant à renforcer la discipline budgétaire dans la zone euro, mais ne les dirigera pas.

« Nous souhaitons que le président du Conseil européen joue un rôle de premier plan dans l'élaboration de ce nouvel accord », a déclaré à la presse bruxelloise Nicolai Wammen, le ministre danois des affaires européennes.

M. Wammen a récemment été nommé ministre des affaires européennes au sein du nouveau gouvernement dirigé par Helle Thorning-Schmidt, une position qui n'existe plus au gouvernement danois depuis une dizaine d'années.

Les négociations sur le texte du nouveau traité auront lieu lors de réunions de groupes de travail ad hoc, sous l'autorité du  président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a déclaré M. Wammen.

Le Danemark a renoncé à la monnaie unique après un référendum en 2000, lors duquel les électeurs ont rejeté l'euro à 53,2 % contre 46,8 %.

Mais ce n'est pas nécessairement la seule raison pour laquelle Copenhague souhaite rester à l'écart de la médiation sur le traité.

Le ministre danois des affaires étrangères, Villy Søvndal, di Parti populaire socialiste, a exprimé ses inquiétudes concernant les mesures d'austérité dans l'accord intergouvernemental. Son inquiétude première porte sur l'obligation pour les gouvernements nationaux de réduire leurs déficits à 0,5 % du PIB. Plusieurs pays rencontreront des difficultés lors de la ratification du traité par leur parlement national, et le Danemark pourrait être l'un d'entre eux.

Franchir des eaux troubles

À propos de la crise de la zone euro, M. Wammen a déclaré : « Je vais être franc avec vous. Le Danemark entamera sa présidence en des temps très difficiles. Mais nous sommes impatients de relever ce défi. »

M. Wammen a admis que la crise pourrait avoir « un impact considérable » sur le calendrier de la présidence de son pays.

« Nous considérons cela comme un défi majeur pour la présidence danoise, il faudra [unir] les pays membres et non membres de la zone euro. Le Danemark souhaiterait donc, comme le dit une vieille chanson de Simon and Garfunkel, construire un « pont pour franchir les eaux troubles », a affirmé le ministre.

À propos d'autres questions d'importance, M. Wammen a affirmé que son pays reprendrait les négociations sur le prochain budget européen pour la période 2014-2020.  Il a ajouté que le Danemark s'attèlerait en priorité à des domaines politiques tels que la recherche, l'éducation et les technologies de l'innovation, en gardant à l'esprit la création d'emplois.

Un diplomate danois avait expliqué que son pays tenterait d'aller « aussi loin que possible » pour le budget européen de 2014-2020, sachant qu'il est peu probable qu'un accord soit conclu avant la fin des six mois de mandat du Danemark, qui aura lieu du 1er janvier au 30 juin 2012.