Le Danemark veut lui aussi contrôler ses frontières

Après la France et l’Italie, c’est au tour du Danemark de remettre en cause la libre circulation au sein de l’espace Schengen. La Commission demande des explications.

EURACTIV.fr
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Après la France et l’Italie, c’est au tour du Danemark de remettre en cause la libre circulation au sein de l’espace Schengen. La Commission demande des explications.

La Danemark n’est pas directement exposé à l’afflux de migrants tunisiens ou libyens, du fait de sa position géographique. Mais le pays vient lui aussi de décider de rétablir des contrôles permanents à ses frontières, en particulier avec l’Allemagne. La décision devrait être effective d’ici deux ou trois semaines.

De nouvelles installations

Selon le ministre des Finances Hjort Frederiksen, il s’agit de lutter contre le crime organisé et l’immigration illégale. Il a toutefois tenu à préciser que tout cela se ferait « dans le cadre » des accords de Schengen.

Les contrôles seront permanents et le ministre a déjà annoncé la construction de nouvelles installations équipées de matériels de pointe comme des identifiants de plaques minéralogiques.

Alliance avec l’extrême droite

Cette décision danoise est à remettre dans le contexte national. Le gouvernement de centre droit est minoritaire à la Chambre des députés. Il est soutenu de l’extérieur par le Parti du Peuple Danois (PPD), formation d’extrême droite et troisième force politique du pays en nombre d’élus.

En échange de la remise en cause de Schengen, le PPD s’est engagé à soutenir la réforme des retraites proposée par le gouvernement. La chef de l’extrême droite danoise Pia Kjaersgaard s’est d’ailleurs félicitée de cet accord.

Suspicion de la Commission

La réaction de la Commission européenne ne s’est pas faite attendre. Bruxelles a demandé des explications au Danemark.

« La Commission européenne n’acceptera aucune remise en cause du Traité européen ou du principe de liberté de circulation des biens et des personnes au sein des frontières intérieurs », a déclaré la porte-parole, Pia Ahrenkilde.

Cas particulier danois

Si les autorités danoises n’envisagent pas de sortir définitivement de Schengen, elles peuvent toutefois aménager leur participation. Le pays avait négocié une clause spéciale l’autorisant à ne pas appliquer les règles de l’espace de libre circulation.