Le débat sur le chômage des jeunes s’invite au Parlement
A l'approche des élections européennes, des militants du Forum européen de la jeunesse (FEJ) ont réclamé aux eurodéputés la signature d'une liste de onze promesses dans le domaine de l'éducation et de la garantie pour l'emploi des jeunes.
A l'approche des élections européennes, des militants du Forum européen de la jeunesse (FEJ) ont réclamé aux eurodéputés la signature d'une liste de onze promesses dans le domaine de l'éducation et de la garantie pour l'emploi des jeunes.
La pétition du Forum européen de la jeunesse (FEJ) comprend des propositions politiques bien connues comme l'égalité d'accès à l'éducation et la mise en place d'une garantie pour la jeunesse plus ambitieuse.
L'objectif de cette garantie est d'aider les pays de l'UE à proposer aux jeunes un emploi, un retour aux études, une formation ou une reconversion dans un délai de 4 mois à compter de la fin de leur scolarité.
D'autres propositions sont plus controversées, comme la hausse des impôts pour lutter contre le chômage des jeunes ou l’abaissement de l'âge électoral à 16 ans.
Le FEJ a présenté sa communauté mondiale en ligne Love Youth Future au Parlement européen le 15 octobre. À ce jour, seuls quelques eurodéputés ont signé la pétition. Mais beaucoup d’autres personnalités la soutiennent sur Twitter, dont Martin Schulz, le président du Parlement européen.
Le chômage des jeunes à l'ordre du jour de l'UE
Les défenseurs de la jeunesse, souvent ignorés, ont de bonnes raisons de croire qu'ils seront entendus cette fois. Les craintes relatives aux taux de chômage des jeunes sans précédent font la une des journaux depuis le début de la crise financière. Ce thème figurait même au sommet de l'ordre du jour d'une réunion des chefs d'État européens cette année.
Selon les dernières données d'Eurostat, le taux de chômage des jeunes s'élève à 23 % dans les États membres de l'UE. Mais la situation des moins de 25 ans dans certains pays frappés par la crise est encore plus précaire. L'Espagne enregistre un taux de 55,6 % et la Grèce 63 %.
Les chefs d'État de l'UE avaient convenu en février de lancer l'initiative « Emploi des jeunes » de 6 milliards. Elle devrait être pleinement opérationnelle d'ici le 1er janvier 2014. Les ministres européens ont adopté la garantie pour la jeunesse en février 2013.
Ils ont également accepté de soutenir financièrement les États membres dans le développement de leur propre garantie. Mais tout dépend des financements européens prévus dans le budget à long terme, qui doit encore être approuvé.
« C’est trop peu et trop tard » a affirmé l'eurodéputé Jo Leinen. « Nous avons investi 160 milliards dans le sauvetage des institutions financières. Ne devrions-nous pas allouer plus de six [milliards] pour les jeunes ? », s'est-il demandé lors de l'évènement Love Youth Future au Parlement.
Dans le même temps, le Parlement a présenté sa propre marche à suivre. L'organisation VoteWatch a présenté un rapport au Parlement le 15 octobre. Elle a analysé le vote des eurodéputés sur des initiatives clés dans la politique de la jeunesse : le renforcement de l'entrepreneuriat, la mobilité professionnelle ou les stages, le soutien à l'enseignement supérieur, dont un nouveau programme « Erasmus pour tous ».
« Toutes les forces au Parlement conviennent que l'UE devrait soutenir des programmes de mobilité dans l'enseignement et l'emploi. La plupart des groupes soutiennent le programme Erasmus. Les partis veulent résoudre le problème », a indiqué Doru Frantescu, le directeur politique de VoteWatch. « Mais les avis sur la manière de lutter contre le chômage des jeunes divergent », a-t-il ajouté.
Selon le rapport de VoteWatch, un clivage droite-gauche traditionnel divise l'assemblée. Surtout dans le domaine des politiques de l'emploi. Investir dans des programmes d'infrastructures publiques ou d’abord réduire l'endettement du secteur public pour créer des emplois à long terme ? Les eurodéputés ne partagent pas le même avis.
Le chômage et l'euroscepticisme
À sept mois des élections européennes en mai 2014, le chômage des jeunes pourrait devenir un champ de bataille. Les personnalités politiques ne peuvent y échapper, ont indiqué les eurodéputés.
L'eurodéputée socialiste espagnole Eider Gardiazábal Rubial a déclaré : « ce n'est pas seulement un défi économique, c'est aussi un défi social ». « Nous devons offrir aux jeunes les moyens de vivre de manière autonome », a ajouté la vice-présidente de l'Intergroupe Jeunesse.
« Nous ne devrions pas simplement [nous demander] pourquoi les jeunes ne s'intéressent plus à l'UE », a ajouté Giuseppe Porcaro, le secrétaire général du FEJ. « Nous devrions identifier les attentes des jeunes vis-à-vis des institutions, des partis et de la société civile. C'est l'objet de nos onze promesses : l'éducation et l'emploi. »
Mais des sondages précédents ont également mis en évidence la frustration générale des Européens face à la situation économique. Les jeunes électeurs pourraient exprimer leur insatisfaction vis-à-vis des institutions européennes lors des élections.
« Beaucoup de jeunes tiennent l'Europe responsable de la [crise] du chômage. Ce sera intéressant de voir s'ils voteront en masse pour des partis eurosceptiques », a expliqué précédemment le politologue Simon Hix à EURACTIV.
L'eurodéputé socialiste allemand Jo Leinen a déclaré que « l'euroscepticisme sera un thème très important pour le prochain Parlement ». « Les conséquences du chômage sur les attentes de nombreuses personnes sont importantes. J'espère que les extrémistes ne seront pas trop nombreux au Parlement. »
Le pire scénario pour les décideurs politiques serait que les jeunes ne votent pas aux élections en mai 2014. Les élections précédentes ont révélé que les jeunes étaient un public difficile à mobiliser. Le taux de participation des 18-24 ans a atteint un record historique en 2009 avec 29 %. Mais si la question des jeunes est abordée dans la campagne électorale, le taux de participation ne grimpera pas nécessairement.
Les défenseurs des jeunes ont toutefois des raisons d'espérer que les choses se passeront différemment cette-fois-ci. Avant l'été, la Commission européenne a publié une enquête selon laquelle 65 % des électeurs de moins de 30 ans ont l'intention de voter en 2014.