Le déficit des Etats de la zone euro diminue, mais la dette enfle

Les Etats de la zone euro sont parvenus à ramener leur déficit à 3,7% du PIB en 2012, contre 6,3% en 2009. Des efforts contrebalancés par une croissance atone et une colère sociale dont la Commission européenne a conscience.

EURACTIV.fr

Les Etats de la zone euro sont parvenus à ramener leur déficit à 3,7% du PIB en 2012, contre 6,3% en 2009. Des efforts contrebalancés par une croissance atone et une colère sociale dont la Commission européenne a conscience.

Le déficit public moyen n’est plus que de 3,7% du PIB en zone euro, contre 4,2% en 2011 et 6,3% en 2009, selon les chiffres rendus publics par l’office européen des statistiques (Eurostat), lundi 22 avril. Certains Etats, comme l’Irlande, réalisent un tour de force, avec une compression de 6 points de PIB de leur déficit (13,4% en 2011 contre 7,6% en 2012).

Sous l’effet de la recapitalisation des banques, dont les prêts pèsent sur les livres de comptes publics, l’Espagne voit son déficit atteindre 10,6% en 2012, soit un chiffre plus élevé qu’en Grèce (10%). Sans le poids du plan de sauvetage bancaire, le déficit espagnol se situerait à 7,1 %, 0,8 point de plus que l’objectif fixé par Bruxelles.

La France fait également partie des Etats qui manquent leur cible, puisque le déficit du pays est confirmé à 4,8%, contre les 4,5% attendus.

Dans un contexte économique très déprimé, les efforts de consolidation budgétaire menés par les Etats sont contrebalancés par le poids croissant de la dette par rapport au PIB, qui tend à se contracter. Le ratio de la dette publique a ainsi augmenté dans la zone euro, « de 87,3% à la fin de 2011 à 90,6% à la fin de 2012, ainsi que dans l’UE27, de 82,5% à 85,3% », détaille Eurostat.

Peu coutumier des affirmations tranchées, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a indiqué, le 22 avril, que la politique d’austérité avait « a atteint ses limites ». « Pour réussir, une politique ne doit pas seulement être bien conçue. Elle doit bénéficier aussi d’un minimum de soutien politique et social. »