Le déficit espagnol pourrait avoir explosé en 2011

Le gouvernement espagnol devra réaliser 36,5 milliards d’euros d’économies en 2012 pour atteindre son objectif de déficit public.

EURACTIV.fr

Le gouvernement espagnol devra réaliser 36,5 milliards d’euros d’économies en 2012 pour atteindre son objectif de déficit public.

L’Espagne va affronter une nouvelle année difficile. Le pays, qui est passé largement à côté de sa cible budgétaire en 2011, devra redoubler d’efforts pour atteindre celle de 2012.

Le ministre de l’Économie, Luis de Guindos, a déclaré lundi que le déficit public espagnol pourrait avoir dépassé l’an dernier 8% du produit intérieur brut (PIB).

Le ministre de l’Intérieur, Jorge Fernández, a avancé quant à lui le chiffre de 8,2% du PIB. Le pays dévie donc de l’objectif initial de 6% sur lequel il s’était engagé en 2011. En cause, un déficit plus important que prévu des régions, du gouvernement central et du système de sécurité sociale.

36,5 milliards d’économies

Alors que l’économie espagnole pourrait se contracter au premier trimestre de 2012, comme au dernier trimestre 2011, l’objectif visant à ramener le déficit à 4,4% du PIB cette année apparaît encore plus chimérique. Selon des informations des Echos, 36,5 milliards d’euros d’économies devront être réalisées pour y parvenir.

Mariano Rajoy semble avoir pris la mesure des difficultés qui attendent son pays si celui-ci ne parvient pas à convaincre de sa capacité à reprendre le contrôle de ses finances publiques. Son gouvernement a annoncé, vendredi 30 décembre, une réduction des dépenses publiques de 8,9 milliards d’euros et des hausses d’impôt « temporaires » devant rapporter 6,3 milliards d’euros par an.

Ces dernières pourraient se limiter à l’impôt sur le revenu, avec une volonté claire de demander plus d’efforts aux mieux lotis tout en protégeant les plus faibles. Le gouvernement a d’ailleurs tenu ses promesses de campagne, annonçant une revalorisation des retraites de 1% et une extension pour six mois de l’aide de 400 euros aux chômeurs en fin de droit.

« Mesures exceptionnelles »

Selon le ministre de l’Économie, une hausse de la TVA en mars n’est toutefois pas exclue. L’Espagne a de la marge de manoeuvre dans ce domaine, puisque son taux s’établit à 18% contre 19,6% en France et 23% au Portugal.

Le gouvernement Rajoy a également décidé de geler les salaires des fonctionnaires, après une réduction de 5% l’an dernier. Selon des informations du quotidien El Pais, de nouvelles mesures d’austérité pourraient être approuvées en conseil des ministres, jeudi 5 janvier.

Un sondage publié dimanche par le journal El Mundo révèle que plus de la moitié des personnes interrogées ne s’attendent pas à une reprise avant 2013, et 37% jugent que 2012 sera pour l’économie espagnole plus pénible encore que 2011. Des prévisions pessimistes renforcées par un taux de chômage qui caracole à 23%.