Le déficit public français se résorbe moins que prévu

La France enregistre un déficit de 4,8% du PIB en 2012 (98,2 milliards d’euros), soit 0,3 point de plus que la prévision initiale. Une progression en partie due à la prise en compte de la recapitalisation de Dexia par l’Insee.

EURACTIV.fr
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La France enregistre un déficit de 4,8% du PIB en 2012 (98,2 milliards d’euros), soit 0,3 point de plus que la prévision initiale. Une progression en partie due à la prise en compte de la recapitalisation de Dexia par l’Insee.

L’annonce complique encore un peu plus la tâche du gouvernement, qui doit rendre compte à Bruxelles des efforts effectués en matière d’assainissement des comptes publics. En 2012, le déficit français s’établit à 4,8% du PIB, selon les données de l’Insee publiées vendredi 29 mars, contre 4,5% initialement prévu.

L’institut de statistiques note que l’Etat parvient à diminuer ses dépenses de 7,7 milliards d’euros, la sécurité sociale de 0,8 milliard. Le déficit des collectivités se creuse en revanche, passant de 1,5 milliard d’euros à 3,1 milliards.

Les conclusions de l’Insee font également apparaître une augmentation assez significative de certains « transferts et subventions », chiffrés à 114,6 milliards d’euros en 2012, contre 108,9 milliards l’année précédente. Raisons invoquées : la recapitalisation de Dexia intervenue en décembre et la hausse des dépenses françaises en faveur du budget européen.

Grâce aux augmentations d’impôts, les recettes de l’Etat sont plus élevées, passant de 50,6% à 51,7% du PIB. Les dépenses restent importantes, représentant 56,6% du PIB, contre 55,9% en 2011.

En parallèle, la dette française continue de filer, atteignant 90,2% du PIB en 2012, contre 85,8% en 2011. Là encore, la contribution des administrations locales à l’endettement progresse (7,1 milliards d’euros).

Celle de l’Etat augmente également, pour des raisons étroitement liées au renflouement des pays de la zone euro. La France y a participé à hauteur de de 27,1 milliards d’euros en 2012 via les prêts du fonds européen de stabilité financière, complété par l’outil pérenne du mécanisme européen de stabilité, pour lequel la France apporte 6,5 milliards d’euros.

Ces chiffres interviennent au lendemain de la prestation télévisée de François Hollande sur France 2. A cette occasion, le chef de l’Etat a rappelé que la France était en discussion avec la Commission européenne sur la réduction des déficits. Selon le Président, « une prise de conscience » existe en Europe pour assouplir les règles afin de ne pas étrangler les Etats. 

Les pays européens doivent être « rigoureux » mais refuser « l’austérité » qui condamnera l’Europe « à l’explosion ». A la suite des prévisions de croissance annoncées par la Commission européenne en février, la France a confirmé qu’elle ne pourrait pas réduire son déficit à hauteur de 3% à la fin de l’année 2013 comme elle s’y était engagée, repoussant ainsi l’échéance à 2014. 

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