Le différend franco-turc pèse sur le projet Nabucco [FR]
L’intention de Gaz de France de devenir le septième partenaire du projet gazier Nabucco a été contrecarrée par la décision de la Turquie de bloquer la participation de l'entreprise, en raison de la reconnaissance du génocide arménien par le Parlement français.
L’intention de Gaz de France de devenir le septième partenaire du projet gazier Nabucco a été contrecarrée par la décision de la Turquie de bloquer la participation de l’entreprise, en raison de la reconnaissance du génocide arménien par le Parlement français.
La décision de Gaz de France (GDF) de retirer sa candidature au projet de gazoduc Nabucco a été annoncée le 18 février par le secrétaire d’Etat au Commerce, Hervé Novelli, lors d’une visite à Istanbul.
« Il y a eu une décision turque qui n’est pas indépendante de considérations politiques et l’offre de GDF est donc retirée », a-t-il déclaré.
GDF est la deuxième entreprise française, après Total, à voir son offre de partenariat au projet bloquée par la Turquie, un des principaux pays de transit du gazoduc, pour des raisons politiques.
Face à cette situation, beaucoup craignent que les différends entre Paris et Ankara ne nuisent aux relations commerciales entre les deux pays. Le président français Nicolas Sarkozy n’a jamais dissimulé son opposition à l’adhésion de la Turquie à l’UE et a notamment déclaré que « la Turquie n’a pas sa place en Europe » (EURACTIV 11/12/07).
Dans un effort apparent pour dédramatiser la situation, M. Novelli a déclaré que le gouvernement français n’avait pas approuvé un projet de loi, adopté par le Parlement et transmis au Sénat, punissant ainsi la négation du génocide arménien par les troupes de l’empire ottoman en 1915.
Selon M. Novelli, cité dans le quotidien turc The New Anatolian, ce projet de loi n’est pas à l’ordre du jour du gouvernement.
M. Novelli a également souligné que GDF était tourné vers l’avenir et que sa participation future au projet ne pouvait pas être totalement exclue. Il est vrai que des différends politiques ont affecté les décisions économiques, mais ce type de choix ne doit s’appuyer que sur des raisons économiques.
Le projet gazier Nabucco s’étend sur 3 400 kilomètres et achemine chaque année 31 milliards de mètres cubes de gaz naturel de l’extrémité orientale de la Turquie à travers la Roumanie, la Bulgarie et la Hongrie jusqu’en Autriche.
Le projet Nabucco revêt une importance géopolitique particulière, car il contourne la Russie. Mais le projet, dont l’achèvement est prévu pour 2013, a rencontré des problèmes financiers et s’est heurté à un manque de volonté politique de certains Etats membres.
Pour une couverture complémentaire, consulter l’article d’EURACTIV France sur ce sujet.