Le dirigeant de Desertec nie la crise
Paul van Son, le président de Desertec Industrial Initiative, dément obstinément les rapports indiquant qu’il sera difficile d’atteindre une production de 15 % d’énergie en Europe à partir des panneaux solaires du Sahara.
Paul van Son, le président de Desertec Industrial Initiative, dément obstinément les rapports indiquant qu’il sera difficile d’atteindre une production de 15 % d’énergie en Europe à partir des panneaux solaires du Sahara.
Le consortium Desertec envisage de commencer à transférer de l'énergie par l'intermédiaire de câbles « interconnecteurs » sous-marins à partir de pays tels que le Maroc et la Tunisie vers l'Europe d'ici 2015.
Deux investisseurs importants, Siemens et Bosch, se sont retirés du projet au cours des dernières semaines alors que le gouvernement espagnol, selon certaines sources, a refusé de signer un accord pour la construction de centrales solaires au Maroc, évoquant la complexité de l'initiative.
Même dans cette situation de crise, Paul van Son était optimiste quant au projet de 400 milliards d'euros.
« Une crise ? Que voulez-vous dire par crise ? De quoi s'agit-il? », a-t-il répondu. « S'il s'agit d'une crise, elle est positive. Nous voulons aller de l'avant. »
M. van Son a expliqué que Desertec était sujet à une fluctuation continue de portefeuilles d'investissement, notamment avec l'arrivée de nouveaux investisseurs tels que Elecnor d'Espagne et le retrait d'autres investisseurs.
RWE, E.ON, Deutsche Bank, ABB et le réassureur allemand Munich RE font partie des 56 actionnaires membres de Desertec, même si cette liste pourrait être modifiée.
« Je prévois des changements à l'avenir, [il y aura] plus de va-et-vient », a indiqué M. van Son.
Selon des sources fiables, l'entreprise publique chinoise SGC a récemment pris le pas sur Desertec en matière d'expérience dans la construction d'équipements de raccordement à longue distance au réseau.
SGC considérait apparemment Desertec comme un « essai sur le terrain » et a annoncé qu'il comptait se rapprocher d'autres investisseurs du consortium. Dans le passé, on a estimé à environ 100 milliards d'euros la connexion au réseau solaire reliant l'UE à l'Afrique.
M. van Son a seulement confirmé que les discussions entre Desertec et SGC avaient débuté, mais n'étaient « pas très avancées ». Des échanges entre Desertec et d'autres entreprises chinoises seraient également en cours.
Sécurité énergétique
L'implication de la Chine dans l'initiative pourrait soulever des inquiétudes en matière de sécurité énergétique pour les spécialistes de la gestion des installations. Les changements politiques au Maghreb pourraient aussi permettre à certains investisseurs d'avoir le temps de réfléchir, même si des analystes déclarent que les investissements énergétiques de ce type pourraient avoir des effets stabilisateurs.
Pour M. van Son, les problèmes essentiels de sécurité concernent l'interconnectivité mondiale et la réduction des émissions de dioxyde de carbone. « Si les gens souhaitent ressembler à la Corée du Nord, ils devraient alors penser aux conséquences d'une telle approche sur la croissance », a-t-il déclaré.
Le programme de Desertec vise à recouvrir de vastes étendues du désert du Sahara, quelque 16 800 kilomètres carrés, avec de très larges centrales solaires en utilisant les rayons du soleil pour produire de la vapeur et actionner des turbines.
Depuis la création de l’initiative en 2009, aucun projet concret n'a toutefois été lancé en raison de la complexité des négociations sur les projets coûteux et de conflit d'intérêts entre de nombreux partenaires.
Paul van Son a annoncé que Desertec serait ravi que l'UE propose et cofinance des études de sites techniques, mais qu'aucun paquet de sauvetage n’était nécessaire.
L'investissement dans les infrastructures du réseau relevait « plus d'une question fondamentale » et en période de récession économique, il faut plus de soutien, a-t-il affirmé.
« Nous plaidons évidemment en faveur de mécanismes de soutien pour la production et le développement de réseau de manière à ce que le marché se sente soutenu autant que possible et à réduire les coûts le plus rapidement possible », a -t-il ajouté.
Il n'est cependant pas question de la création de « somnifères » pour les acteurs du secteur, selon lui.