Le FMI appelle l’Europe à achever l’union bancaire
Les experts de Washington sont satisfaits des décisions prises au dernier sommet européen. Mais l’Europe doit les mettre en oeuvre, et faire plus pour sortir la zone euro de la crise.
Les experts de Washington sont satisfaits des décisions prises au dernier sommet européen. Mais l’Europe doit les mettre en oeuvre, et faire plus pour sortir la zone euro de la crise.
Le Fonds monétaire international (FMI) a publié une nouvelle mise à jour de ses « perspectives de l’économie mondiale », lundi 16 juillet. A cette occasion, les experts de Washington ont envoyé un message politique très clair aux dirigeants européens.
« La priorité absolue est la résolution de la crise dans la zone euro », écrit le FMI dans son rapport sur la croissance dans les différentes régions du monde. Selon les experts du fonds, l’instabilité causée par la crise européenne est l’une des menaces les plus importantes pour l’économie mondiale.
Mettre en œuvre rapidement les décisions du 28 juin
A eux seuls, les nouveaux chiffres du FMI ne sont pas source d’inquiétude. Les perspectives de croissance pour l’année 2012 ont été légèrement revues à la baisse. L’économie mondiale devrait croître de 3,5%, au lieu des 3,6% prévus en avril dernier. La prévision pour 2013 a été, quant à elle, abaissée de 0,2% et atteint désormais 3,9%.
Mais cette perspective est soumise à une condition majeure.
« Les prévisions supposent que les conditions financières dans la périphérie de la zone euro s’amélioreront graduellement au cours de l’année 2013 par rapport aux niveaux atteints en juin « , explique le FMI.
C’est pourquoi les dirigeants devraient, sans tarder, mettre en œuvre les « décisions positives » adoptées au sommet des 28 et 29 juin, ajoute l’institution.
« Les accords récents aideront, s’ils sont mis en œuvre, à casser le lien négatif entre la dette des États et les banques », affirment les experts.
Les chefs d’État et de gouvernement ont décidé de permettre aux fonds de sauvetage européens, FESF et MES, de prêter directement aux banques. Leur recapitalisation ne pèsera donc plus sur la dette des États.
Fonds de garantie des dépots et mécanisme de résolution
Mais pour que les banques espagnoles puissent bénéficier directement de l’argent européen, elles devront d’abord être soumises à un contrôle par une autorité de surveillance européenne. La Commission est en train d’élaborer une proposition qui pourrait entrer en vigueur, au plus tôt, au début de l’année 2013.
Le FMI se félicite de la volonté des dirigeants d’aller vers une surveillance centralisée du système bancaire, mais affirme qu’une nouvelle autorité de contrôle ne suffira pas.
L’Europe doit aussi se doter d’un fonds de garantie des dépôts commun et d’un mécanisme européen de résolution des banques, estime-t-on à Washington.
De l’autre côte de l’Atlantique, cette mise en commun des moyens financiers pour protéger les épargnants et sauver les banques ne fait pas l’unanimité. Bien consciente de la réticence de certains pays de la zone euro comme l’Allemagne, la Commission n’a pas osé proposer la création d’un fonds commun au plan européen.
Poursuivre les mesures non conventionnelles
En revanche, les fonctionnaires européens prévoient, dans leur proposition de juin dernier, d’instaurer une solidarité quasi automatique entre les fonds nationaux qui continueront à exister en parallèle.
>>> lire Faillite bancaire : les États vont ferrailler sur la solidarité
Au-delà de l’achèvement de l’union bancaire, le FMI se prononce également pour une poursuite des réformes structurelles et la consolidation budgétaire des États.
La Banque centrale européenne devrait, elle aussi, continuer à contribuer à faire face à la crise. « Il y a de la marge pour assouplir la politique monétaire davantage », affirme le FMI.
Le gardien de l’euro ne doit pas renoncer aux mesures non conventionnelles, telles que les rachats de dette sur les marchés secondaires ou des prêts à très long terme à des conditions très favorables aux banques (LTRO), soulignent les experts.