Le FMI dément les rumeurs de renflouement de l’Italie
Cette semaine sera cruciale pour le premier ministre italien qui doit tâcher de régulariser les finances publiques du pays en difficulté. Une mission du FMI devrait se rendre à Rome, et la pression des marchés a atteint un niveau tel qu’une aide extérieure pourrait se révéler nécessaire pour enrayer la crise de la dette.
Cette semaine sera cruciale pour le premier ministre italien qui doit tâcher de régulariser les finances publiques du pays en difficulté. Une mission du FMI devrait se rendre à Rome, et la pression des marchés a atteint un niveau tel qu’une aide extérieure pourrait se révéler nécessaire pour enrayer la crise de la dette.
Un porte-parole du Fonds monétaire international a cependant démenti les informations communiquées par le quotidien italien La Stampa qui affirmait que jusqu'à 600 milliards d'euros pourraient être rendus disponibles à un taux de 4-5 % pour permettre à l'Italie de respirer pendant 18 mois.
« Aucune discussion n'est en cours avec les autorités italiennes sur un programme de financement du FMI », a affirmé le porte-parole.
Alors que la communauté internationale continue de faire pression sur les dirigeants de la zone euro pour qu'ils enrayent la crise de la dette, le président des Etats-Unis, Barack Obama, devrait exhorter aujourd'hui (28 novembre) le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, à trouver une solution.
Aucune avancée majeure n'est attendue, bien que l'agence de notation Moody's a prévenu que la situation menaçait les notations de toutes les obligations souveraines européennes.
Les ministres des finances de la zone euro se rencontreront mardi pour aborder en détail les règlementations visant à augmenter l'impact du fonds de sauvetage de 440 milliards d'euros.
L'Allemagne et la France explorent différentes pistes plutôt radicales pour assurer une intégration budgétaire plus forte et plus rapide au sein des 17 pays de la zone euro, afin de renforcer les défenses de la région contre les crises de la dette [plus d'infos].
Le premier ministre italien, Mario Monti, devrait dévoiler une série de mesures le 5 décembre. Ces dernières pourraient inclure une révision de l'impôt sur le logement, une augmentation des taxes sur les ventes et un recul anticipé de l'âge de la retraite. La pression exercée par les marchés pourrait toutefois le forcer à agir plus rapidement.
Une source au fait du dossier a affirmé que les contacts entre le FMI et Rome s'étaient intensifiés ces derniers jours, alors que nombreux sont ceux qui craignent que le refus de l'Allemagne d'élargir le rôle de la Banque centrale européenne puisse laisser l'Italie sans soutien financier dans le cas où elle en aurait besoin.
L'équipe d'inspecteurs du FMI devrait se rendre à Rome dans les prochains jours, même si aucune date précise n'a été annoncée.
Vendredi, l'Italie a dû payer un taux record de 6,5 % pour vendre de nouveaux titres à six mois, un taux qui, selon les analystes, pourrait entraîner un véritable chaos dans le pays qui enregistre déjà un niveau de dette colossal (120 % du PIB).
Plus de conditions pour le FMI ?
Les mesures présentées jusqu'à présent par M. Monti (voir « Contexte ») sont pour la plupart conformes aux orientations fournies par la BCE. Les conditions qui accompagnent généralement un programme d'aide du FMI n'ont toutefois fait l'objet d'aucune discussion détaillée avec les organismes internationaux.
M. Monti peut se sentir quelque peu rassuré au vu des sondages qui laissent transparaître un réel soutien pour son gouvernement technocratique, mais les mesures d'austérité devront encore frapper et les sondages révèlent également des avis partagés sur ces mesures.
Le gouvernement devrait mettre en oeuvre la réforme déjà proposée sur le recul de l'âge de la retraite, et une réforme de plus grande ampleur est attendue dans les semaines à venir.
M. Monti pourrait réintroduire un impôt sur le logement qui avait été éliminé par son prédécesseur, Silvio Berlusconi, dans le cadre d'une promesse de dernière minute formulée juste avant les élections de 2008. Cette mesure a coûté au gouvernement environ 3,5 milliards d'euros par an.
L'augmentation de la taxe sur la valeur ajoutée dans les bars et les restaurants, actuellement à 10 %, pourrait également faire partie des options envisagées.