Le FMI dresse le scénario du pire pour la zone euro
L’institution de Washington prévoit deux fois moins de croissance dans l’Hexagone que le gouvernement. Tous les États sont marqués au fer rouge par la conjoncture, y compris l’Allemagne et la Suède.
L’institution de Washington prévoit deux fois moins de croissance dans l’Hexagone que le gouvernement. Tous les États sont marqués au fer rouge par la conjoncture, y compris l’Allemagne et la Suède.
Les conclusions du Fonds monétaire international balaient d’un trait de plume les espoirs entretenus par la France. La zone euro est en train de « sortir de l’ornière », assurait le ministre des Finances Pierre Moscovici, à l’issue de la réunion de l’eurogroupe du 8 octobre. Dans son rapport sur l’économie mondiale, le FMI esquisse une tout autre issue : « La possibilité d’une escalade de la crise de la zone euro continue de poser un risque majeur de baisse de la croissance ».
Flirter avec la récession
Les nouvelles prévisions de l’Institution de Washington donnent la mesure de ce risque. Le PIB de l’eurozone devrait se contracter de 0,4% cette année. Un choc absorbé avec plus ou moins d’intensité selon les pays. L’Italie subirait ainsi une récession de 2,3% (contre une croissance de 0,4% en 2011), soit un recul encore plus marqué qu’en Espagne, où le PIB refluerait d’1,5% cette année, après avoir crû de 0,4% en 2011. Dans d’autres pays du Sud, la crise économique est encore plus aigue : – 3% prévus au Portugal en 2012, -2,3% à Chypre, -6% en Grèce, après une contraction violente de 6,7% l’an dernier.
Plus on se dirige vers le Nord, et plus les pays européens échapperaient à la récession tout en flirtant dangereusement avec elle. La France atteindrait péniblement 0,1% de croissance cette année, avant de croître légèrement de 0,4% en 2013. Des prévisions en porte-à-faux avec celles, plus optimistes, du gouvernement, qui annonce 0,3 % de croissance cette année et 0,8% l’an prochain.
Dette grecque
Les contre-performances européennes dégraderont inéluctablement l’économie de pays réputés robustes. Après de bons résultats en 2011, le PIB allemand pourrait ainsi basculer de 3% en 2011 à seulement 0,9% cette année. En Suède, le saut est aussi vertigineux, avec un recul de 4% à 1,4%.
Une telle conjoncture rejaillira sur les ambitions fiscales des États. Le FMI anticipe une progression de la dette grecque de 170,7% du PIB cette année à 181,8% en 2013. L’Espagne, quant à elle, ne devrait pas ramener son déficit en-deçà de 3% du PIB avant 2017, alors que le gouvernement ibérique et l’UE annoncent 2014.
