Le fonds de sauvetage et l’Espagne au cœur des discussions des ministres des finances

L'augmentation de la capacité du fonds de sauvetage de la zone euro et déterminer dans quelle mesure l’Espagne pourrait y avoir recours seront les deux sujets au programme des discussions aujourd’hui et demain (30 et 31 mars) lors de la réunion des ministres européens des finances à Copenhague.

EURACTIV.fr
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L'augmentation de la capacité du fonds de sauvetage de la zone euro et déterminer dans quelle mesure l’Espagne pourrait y avoir recours seront les deux sujets au programme des discussions aujourd’hui et demain (30 et 31 mars) lors de la réunion des ministres européens des finances à Copenhague.

Les ministres des finances de la zone euro devraient officiellement décider d'utiliser le mécanisme européen de stabilité (un fonds permanent de 500 milliards d'euros) en parallèle aux 200 milliards déjà consacrés à l'Irlande et au Portugal grâce au fonds temporaire, le Fonds européen de stabilité financière (FESF).

Ils pourraient également permettre le recours aux 240 milliards d'euros non utilisés du fonds temporaire « dans des circonstances exceptionnelles » jusqu'à mi-2013, date à laquelle le FESF disparaitra.

Ce fonds combiné disposerait donc au total d'une ressource potentielle de 940 milliards d'euros.

Angela Merkel change d’avis

Ce chiffre pourrait être approuvé, dans la mesure où la chancelière allemande, Angela Merkel, est revenue sur sa décision de refuser que les fonds non dépensés du FESF puissent s'ajouter au MES. Cette réserve augmentée devrait accroître la confiance dans la zone euro et encourager les investissements via le Fonds monétaire international.

Même si elle n'est pas au programme de la réunion non officielle des ministres à Copenhague, l'aggravation de la situation économique de l'Espagne devrait également être au cœur des discussions. Le pays pourrait d'ailleurs être forcé de faire appel au fonds de sauvetage.

Le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, avait exclu l'idée de demander l'aide de l'Europe ou l'injection d'argent public, mais le nombre de défauts de paiement a atteint son plus haut niveau en 18 ans. Les dettes envers les banques s'élèvent à 1 800 milliards d'euros au total, ce qui ne laisse que peu d'options mis à part un renflouement.

Reuters a rapporté le 26 mars dernier que le commissaire européen à la concurrence, Joaquin Almunia, avait déclaré à la presse espagnole que Madrid avait trois options pour remettre à flot son secteur bancaire : utiliser les fonds publics espagnols, trouver des investissements privés ou demander l'aide de l'UE.

Les performances dans la zone euro continuent de diverger

Le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a rejeté les rumeurs « infondées » dans la presse espagnole selon lesquelles l'UE ferait pression sur Madrid pour qu'elle accepte son aide.

La réunion à Copenhague se déroule dans un contexte de divergences persistantes des performances économiques dans la zone euro.

Les coûts de l'emprunt à dix ans de l'Italie ont chuté à 5,24 % hier, leur plus bas niveau depuis août 2011, lors d'une émission qui a confirmé la tendance à l'apaisement des tensions.

L'OCDE, qui publie des données trimestrielles illustrant le taux de croissance en glissement annuel, a toutefois prévenu que la périphérie de la zone euro restait fragile et peinerait à revenir à la croissance pour le reste de l'année.

L'OCDE estime par contre que la croissance allemande devrait rester solide au premier semestre de cette année et souligne les bonnes performances du premier contributeur de l'Europe.

En mars, le taux de chômage allemand a chuté a son niveau le plus bas depuis la réunification du pays en 1989, 6,7 %.