Le G20, une étape parmi d’autres dans le calendrier bancaire
L’avenir de l’industrie bancaire passera par une réglementation bien coordonnée ont rappelé des spécialistes du secteur lors d’une conférence organisée à l’IFRI le 23 juin.
L’avenir de l’industrie bancaire passera par une réglementation bien coordonnée ont rappelé des spécialistes du secteur lors d’une conférence organisée à l’IFRI le 23 juin.
Du G20, Christian de Boissieu « n’attend pas grand-chose ». Le président délégué du Conseil d’analyse économique signale le « dialogue de sourds » entre l’Europe et les États-Unis, qui critiquent les plans de rigueur continentaux.
L’adoption d’une taxation bancaire ne lui semble d’autre part pas convaincante alors que la condition d’une Europe unie n’est pas remplie, bien que Londres, Paris et Berlin se soient accordés sur ce point.
Même constat pour la question de la calibration des fonds propres, qui réclame un règlement des spécialistes, explique le chef de service du financement de l’économie à la Direction générale du Trésor Hervé de Villeroché. Pour autant, les États devraient, selon lui, « réaffirmer la volonté d’avancer dans le cadre des discussions engagées à Bâle ». Pour Hervé de Villeroché, les décisions finales seront prises au sommet du G20 de Séoul, en novembre.
Le calendrier des réformes apparaît comme un enjeu décisif, indique Christian de Boissieu, qui souligne l’importance de l’arbitrage entre court terme et long terme. Si c’est maintenant qu’il faut faire avancer les règles, il s’agit de savoir quand les appliquer exactement, en évitant les effets pro-cycliques, explique l’économiste. Il met en garde contre « une croissance molle », facteur de risques sociaux.
D’autant plus qu’un système réglementaire modifie le comportement des acteurs. Il réclame ainsi aux régulateurs de Bâle et des États d’anticiper les effets de contournement, déjà sensibles en période de la crise avec la titrisation.
Les « stress tests », réconfortants côté français
Le responsable du département institutions financières chez Standard & Poor’s, Bernard de Longevialle, rappelle de manière générale que la réglementation bancaire n’a pas su dans la crise freiner une sous-estimation des risques des marchés et une surestimation des fonds propres des banques.
Rappelant que « près d’un tiers des banques européennes ont déjà fait un plan de sauvetage », le système réglementaire renforcé risque d’ « aller beaucoup plus lentement que le précédent ». Devant la grande nervosité des marchés, les « stress tests » des banques, que le Conseil européen a décidé de rendre publics à partir de fin juillet, « devraient apporter un résultat plutôt réconfortant » selon lui.
En particulier pour les banques françaises, qui ont bien résisté à la crise, rappelle Bertrand Badré. Le directeur des finances du groupe Crédit Agricole souligne l’importance de la confiance, mise à mal par la crise, et confirme le sentiment de gravité partagé par le système bancaire. Les banques « ne seront pas délivrées » par le G20, explique-t-il. Il souligne quelques paradoxes dont est victime le secteur : la Commission pousse à acheter des actifs européens, alors que la réglementation encourage à ne pas en acheter, estime-t-il. Il oppose également le renforcement des contraintes de « Bâle III » sur les banques, alors que leur système a «globalement bien fonctionné» pendant la crise.
CALENDRIER
26-27 juin 2010 : Sommet du G20 à Toronto
Mi juillet 2010 : Réunion du Comité de Bâle
11-12 novembre 2010 : Sommet du G20 à Séoul