Le gouvernement britannique dément vouloir réformer l’accord de libre-échange avec l’UE

Le gouvernement de Rishi Sunak a été contraint de démentir les informations selon lesquelles il envisage de réformer l'accord de libre-échange entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, pour adopter une relation économique similaire à celle que la Suisse a avec l'UE.

Euractiv.com
British Prime Minister Rishi Sunak departs for Prime Minister’s questions at parliament
Le projet de loi donne aux ministres le pouvoir de décider de conserver ou de supprimer des lois en contournant les processus législatifs habituels. Les experts juridiques et les partis d’opposition ont critiqué ce manque de supervision qu’ils jugent antidémocratique. [EPA-EFE/ANDY RAIN]

Le gouvernement de Rishi Sunak a été contraint de démentir les informations selon lesquelles il envisage de réformer l’accord de libre-échange entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, pour adopter une relation économique similaire à celle que la Suisse a avec l’UE.

Selon le Sunday Times, des ministres de premier plan ont travaillé sur une réforme des relations bilatérales économiques avec l’UE qui supprimerait 80 % des contrôles entre la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord et donnerait accès au marché unique européen. Le journal britannique a révélé qu’une telle révision du traité impliquerait des contributions annuelles du Royaume-Uni au budget de l’UE, mais pas le retour de la liberté de mouvement.

Ces informations, qui ont été démenties et qualifiées d’« absolument fausses » par le cabinet du Premier ministre Rishi Sunak, ont suscité la colère des partisans du Brexit.

Steve Barclay, ancien secrétaire au Brexit qui a finalisé l’accord de retrait du Royaume-Uni avec l’UE en décembre 2020, a déclaré qu’il n’avait pas connaissance de cette histoire. « Je veux maximiser les opportunités qu’offre le Brexit », a-t-il ajouté.

La ministre du Commerce, Maria Caulfield, a quant à elle qualifié ces informations de « fake news ».

Un accord du même type que celui entre le bloc et la Suisse serait fondé sur le principe de l’alignement des réglementations, en vertu duquel le Royaume-Uni s’engagerait à respecter des pans entiers de la législation européenne relative au marché unique.

Un modèle similaire avait été initialement proposé par l’ancienne Première ministre Theresa May en juillet 2018, ce qui avait entraîné la démission de plusieurs ministres, notamment Boris Johnson, et avait ensuite été rejeté par l’UE.

À la place, l’accord de commerce et de coopération conclu par le gouvernement de M. Johnson prévoit une relation commerciale sans droits de douane ni quotas entre le Royaume-Uni et l’UE, mais introduit des contrôles douaniers.

Le négociateur de l’UE pour le Brexit, le vice-président de la Commission européenne Maroš Šefčovič, avait pourtant proposé un accord commercial plus favorable et semblable à l’accord bilatéral Suisse-UE en juin dernier, mais David Frost, ministre du Brexit au sein du gouvernement de Boris Johnson à l’époque, l’avait rejeté.

Certains affirment que, en laissant courir de telles rumeurs, les ministres veulent tâter le terrain au sein du parti conservateur pour voir si l’aile la plus eurosceptique accepterait des relations commerciales plus étroites avec l’UE.

La semaine dernière, le chancelier Jeremy Hunt a déclaré que le Royaume-Uni chercherait à améliorer ses liens commerciaux avec l’UE sans pour autant rejoindre le marché unique.

[Édité par Anne-Sophie Gayet/Théo Bourgery-Gonse]