Le gouvernement de Pedro Sánchez secoué par un nouveau scandale

Le gouvernement de Pedro Sánchez est accusé de mener une « guerre » contre la principale unité d’enquête de la Guardia Civil, après la publication d’enregistrements audio qui laissent entrevoir une possible tentative de déstabilisation par des proches du pouvoir.

EURACTIV Espagne
Slovenian Prime Minister Robert Golob visits Spain
Le Premier ministre espagnol, Premier ministre Pedro Sánchez. [EPA-EFE/CHEMA MOYA]

Le gouvernement espagnol est secoué par un nouveau scandale, après la publication d’enregistrements audio compromettants qui laissent entrevoir une possible tentative de déstabilisation de la Guardia Civil par des proches du pouvoir. L’opposition accuse le Parti socialiste-ouvrier (PSOE) du Premier ministre Pedro Sánchez de mener une « guerre sale » contre la principale unité d’enquête de la gendarmerie.

Dans ces enregistrements, rendus publics par le journal El Confidencial, on apprendrait que Leire Díez, ancienne responsable socialiste, aurait cherché à obtenir des informations compromettantes sur le lieutenant-colonel Antonio Balas, chef de l’Unité centrale opérationnelle (UCO) de la Guardia Civil. Dans un passage particulièrement troublant, elle aurait même déclaré : « Si Balas est mort, c’est beaucoup mieux ».

Pour l’opposition, ces révélations constituent la preuve d’une campagne orchestrée en coulisses pour discréditer l’UCO, l’une des principales unités d’enquête du pays, actuellement chargée de dossiers sensibles impliquant des proches du chef du gouvernement. Parmi les personnes visées figurent notamment l’épouse et le frère de Pedro Sánchez, ainsi que plusieurs ministres et membres de son cabinet actuel et de son cabinet précédent, dont l’ex-ministre des Transports José Luis Ábalos, soupçonné de corruption dans une affaire portant sur 50 millions d’euros.

« La guerre sale et mafieuse qu’ils mènent en coulisses, ainsi que la polarisation à laquelle ils veulent pousser tous les Espagnols, sont inacceptables », a dénoncé Alicia García, porte-parole du Partido Popular (PP), devant les députés mardi 3 juin.

Dans la foulée, le PP a demandé la comparution devant le parlement du ministre de l’Intérieur Fernando Grande-Marlaska, de la directrice de la Guardia Civil Mercedes González, ainsi que du ministre de la Justice Félix Bolaños. Le parti d’opposition souhaite obtenir des explications sur les liens éventuels entre Leire Díez et le gouvernement, et faire toute la lumière sur ce que l’opposition qualifie de tentative d’ingérence dans les enquêtes judiciaires.

Ce nouveau scandale intervient dans un climat politique déjà extrêmement tendu en Espagne, où le gouvernement de Pedro Sánchez fait face à une contestation grandissante.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]