Le gouvernement grec met les investisseurs privés sous pression
Le secteur privé doit avoir apporté sa contribution au sauvetage financier de la Grèce début mars, a indiqué le gouvernement grec. Sa participation, aujourd’hui volontaire, pourrait même devenir une obligation.
Le secteur privé doit avoir apporté sa contribution au sauvetage financier de la Grèce début mars, a indiqué le gouvernement grec. Sa participation, aujourd’hui volontaire, pourrait même devenir une obligation.
Le Grèce est pressée. Le pays doit achever l’échange de dette avec les créanciers privés autour du 10 mars au plus tard, a déclaré le premier ministre grec Lucas Papademos mardi 21 février. Les créanciers privés, dont les banques, ont accepté, mardi 21 février, une décote de 53,5% de la valeur faciale de leurs obligations. La perte nette endossée dépassera les 70%.
Participation forcée
La déclaration du Premier ministre grec est intervenue lors de la présentation d’un projet de loi prévoyant, si nécessaire, de contraindre les investisseurs privés à participer à l’opération d’échange, qui consiste à remplacer les obligations existantes par des titres de dette d’une valeur plus basse.
Si le Parlement vote la loi, des clauses d’actions collectives (Cac) obligeront les créanciers privés à contribuer aux efforts de réduction de la dette grecque, une fois qu’un seuil de participation de deux tiers sera atteint, ont indiqué des sources ministérielles. Les députés grecs se prononceront jeudi 23 février.
L’échange de dette est une partie centrale du plan de sauvetage. Il devrait fournir à la Grèce des fonds dont elle a crucialement besoin pour rembourser des créances évaluées à 14,5 milliards d’euros arrivant à l’échéance le 20 mars.
120,5% en 2020
Avec l’aide du secteur privé et des financements publics mis à disposition du gouvernement grec, l’Union européenne vise à réduire le niveau de la dette du pays à 120,5% du PIB d’ici 2020, ont déclaré les ministres des Finances européens mardi 21 février. La Banque centrale européenne participera également au sauvetage, en déboursant les bénéficies réalisés sur les titres grecs aux États membres. Ces derniers les transféreront ensuite à Athènes.
Les responsables politiques européens ne manquent pas d’ambition. Un rapport confidentiel de la troïka, daté du 16 février, auquel a eu accès l’agence de presse Reuters, met en question la capacité de la Grèce à ramener son niveau d’endettement à 120% du PIB comme prévu initialement. Les experts craignent notamment que les réformes structurelles demandées ne conduisent, à moyen terme, à un ratio dette/PIB plus élevé.
FMI
Le Fonds monétaire international, qui avait participé à hauteur d’un tiers au premier plan d’aide à la Grèce, décidera de sa participation début mars, a indiqué sa directrice générale Christine Lagarde mardi 21 février. Lors d’une conférence de presse à Bruxelles à l’issue de la réunion de l’eurogroupe, elle a pourtant refusé de chiffrer le montant que pourrait apporter le fonds.