Le gouvernement présente sa feuille de route du Covid long

Le gouvernement souhaite « poursuivre et intensifier les actions menées pour prendre en charge les Covid longs », a annoncé le cabinet d’Oliver Véran jeudi (17 mars), confiant à un groupe d'experts l'établissement d'une feuille de route.

Euractiv France
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En France, on estime à 700 000 le nombre de personnes atteintes du Covid long. [Deliris/Shutterstock]

Le gouvernement souhaite « poursuivre et intensifier les actions menées pour prendre en charge les Covid longs », a annoncé le cabinet d’Oliver Véran jeudi (17 mars), confiant à un groupe d’experts l’établissement d’une feuille de route.

Deux ans après l’apparition du virus de la Covid-19, les informations se précisent quant aux formes de Covid long ce qui devrait soulager de nombreuses personnes qui, plusieurs mois après avoir été infectées, présentent toujours des symptômes de la maladie. 

La définition du Covid long est « complexe », reconnait le ministère de la Santé, qui commence par expliquer qu’il s’apparente plus à un « syndrome » qu’à une « maladie ». 

Ses symptômes peuvent être multiples : fatigue intense, problèmes de fréquence cardiaque, troubles de la concentration, dysfonctionnement du système neurologique, perte de la mémoire ou encore vertiges et bourdonnements d’oreilles. 

Le Covid long se définit également par sa durée : quelqu’un qui a des symptômes un mois après avoir été infecté par la Covid, n’est pas considéré comme ayant le Covid long. Mais, « quand on dépasse trois mois de symptômes, on peut considérer que l’on est atteint du Covid long », déclare le cabinet du ministre de la Santé. 

Pour lutter contre ce syndrome de la Covid-19, Olivier Véran a donc présenté une feuille de route qui s’articule autour de trois axes : améliorer la prise en charge des patients, mieux connaître la maladie et rendre l’information plus accessible aux médecins et aux patients.

Car, les syndromes du Covid long sont très difficiles à vivre au quotidien. « C’est fluctuant, il y a des rechutes. Cela peut être très handicapant », notamment au niveau du travail ou de la scolarisation, ajoute Pauline Oustric, présidente de Après J20, association de patients de Covid long. 

C’est pourquoi, selon la présidente d’Après J20, il faut une prise en charge « personnalisée, pluridisciplinaire et dans tous les territoires » doublée d’une recherche qui doit être « intègre et ouverte pour comprendre les besoins des patients ».

En France, on estime à 700 000 le nombre de personnes atteintes du Covid long, même s’il est « très difficile de donner des chiffres précis », tient à préciser le ministère, avant d’ajouter que « les chiffres seront affinés en avril ». 

Parmi eux, 70 000 patients nécessitent une prise en charge spécifique, car ils présentent la notion de caractère invalidant de la maladie au quotidien. 

Vingt millions pour structurer des réseaux de malades

Afin de mieux prendre en charge les patients atteints de Covid long, vingt millions d’euros seront investis sur les trois prochaines années pour développer et structurer des réseaux pour les malades. Une somme  « très flexible » selon le gouvernement, financée par le fond d’investissent régional (FIR), et qui « peut être amplifiée ». 

La feuille de route prévoit également un volet pédiatrique pour la prise en charge des patients. En effet, 2 à 5% des enfants en contact avec le virus pourraient développer une forme de Covid long, selon les chiffres du ministère, qui précise cependant que ces derniers ont généralement « moins de séquelles » les adultes.

Le gouvernement souhaite que la France soit « maillée de ces cellules de coordination ».  Une plateforme numérique de référencement des malades, accessible aux médecins et aux patients, viendra coordonner ces cellules de coordination post-Covid.

Le groupe d’experts qui planchera sur la nouvelle feuille de route souhaite aussi rendre l’information plus accessible, aussi bien aux professionnels de santé, aux associations de patients, qu’aux personnes malades. En ce sens, des soignants experts « Covid long » ainsi que des patients qui pourront être « co-acteur dans les parcours de soin » seront formés. Ces mesures s’accompagneront également d’un campagne de communication.

Enfin, pour accroitre les connaissances sur la maladie, dix millions d’euros supplémentaires seront investis dans la recherche. « Le partage d’informations à une échelle internationale va être essentiel. Un travail est déjà engagé au niveau français et au niveau de l’Organisation mondiale de la santé (OMS)« , conclut le cabinet du ministre de la Santé.