Le gouvernement réunit les acteurs du e-commerce pour les inciter à réduire leur empreinte environnementale
La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, et le secrétaire d’État au Numérique, Cédric O, ont réuni mercredi 15 acteurs du e-commerce pour les inviter à mettre en place des pratiques plus respectueuses de l’environnement.
La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, et le secrétaire d’État au Numérique, Cédric O, ont réuni mercredi (28 juillet) 15 acteurs du commerce en ligne pour les inviter à mettre en place des pratiques plus respectueuses de l’environnement.
15 entreprises ont répondu présentes mercredi (28 juillet) pour signer une charte d’engagement qui vise à réduire l’impact environnemental du commerce en ligne.
Ces acteurs du e-commerce s’engagent, notamment, à réduire le volume des emballages de livraison (pour au moins 75 % des colis) d’ici à la fin de l’année 2024, à regrouper systématiquement l’expédition des articles commandés en même temps par le consommateur, à proposer plusieurs modalités de livraison en précisant celle avec le plus faible impact environnemental ou encore à « favoriser les bons gestes de commande » — en n’incitant pas le consommateur à commander plusieurs tailles d’un même vêtement par exemple contre la garantie d’un retour sans frais.
Parmi les signataires, on retrouve notamment Cdiscount, eBay, FNAC-DARTY, La Redoute, Maison du Monde, Rakuten, Sarenza, Showroomprive ou Veepee.
Grand absent autour de la table : Amazon. Sollicité par EURACTIV France, le géant mondial du commerce en ligne a indiqué « envisager » la signature de cette charte. « Nous allons cependant attendre que des éléments clés tels que les travaux de l’Ademe soient disponibles avant de prendre une décision », précise un porte-parole. L’engagement de proposer plusieurs modalités de livraison — par variation du point de livraison, du délai ou des véhicules — à partir de 2023 devrait reposer sur les travaux de l’Agence de la transition écologique (Ademe).
Le secrétariat d’État au Numérique précise qu’il ne « s’agit pas de pointer du doigt le secteur du e-commerce » mais de le mettre face à leurs « responsabilités particulières » alors que le secteur ne cesse de croître. Anticipant les critiques selon lesquelles ces obligations auraient eu leur place dans la loi climat récemment adoptée, le gouvernement indique privilégier une « logique volontaire ».
Sauf échéance spécifique précisée, les entreprises signataires devront mettre en œuvre ces actions avant le 31 décembre 2021.
Le gouvernement a également fait savoir que ces engagements feraient l’objet d’un suivi et que « les services de l’État assureront la publication de ces résultats ».
L’impact environnemental du e-commerce
Alors que le transport de marchandises est l’un des plus gros émetteurs de gaz à effet de serre avec la production d’énergie, l’empreinte carbone du commerce en ligne n’est plus à démontrer. D’autant qu’il s’agit d’un secteur qui ne cesse de gagner du terrain, et qui a pleinement bénéficié de la pandémie de Covid-19.
Un rapport de France Stratégies de mars dernier note que la filière a connu une hausse de 37 % en 2020 par rapport à 2019, en raison de la crise sanitaire.
En mai, des sénateurs ont alerté sur le fait que « l’atomisation des commandes, le raccourcissement des délais de livraison et le développement de la gratuité des frais de port ont contribué à accentuer » cet impact négatif sur l’environnement
Dans leur rapport d’information, ils ont également noté les nombreuses « externalités négatives » attribuées au transport routier particulièrement : « pollution de l’air, congestion, nuisances sonores, dégradation de la voirie, accidents de la route. »
Ils ont ainsi appelé à mieux informer le consommateur sur ces questions, en s’appuyant sur une consultation en ligne menée par le Sénat qui a révélé que 90 % des personnes interrogées souhaiteraient disposer de plus d’informations sur l’impact environnemental des solutions de livraison proposées et que 89 % d’entre eux voudraient disposer d’un plus large choix parmi les modalités de livraison pour un achat en ligne.