Le Haut conseil des finances publiques et le FMI prévoient une récession pour 2013

Ces estimations contrastent avec celles du gouvernement, qui table sur une croissance de 0,1% en 2013 et de 1,2% en 2014 pour sa programme de stabilité économique , présenté mercredi 17 avril.

EURACTIV.fr

Ces estimations contrastent avec celles du gouvernement, qui table sur une croissance de 0,1% en 2013 et de 1,2% en 2014 pour sa programme de stabilité économique , présenté mercredi 17 avril.

L’économie française pourrait connaître une légère contraction en 2013, de l’ordre de 0,1%, selon les estimations du Haut Conseil des finances publiques (HCFP), institué par une loi organique dans la foulée du traité budgétaire européen de stabilité. En 2014, la croissance serait « sensiblement inférieure » à 1,2%.

Présidé par Didier Migaud, le président de la Cour des comptes, le Haut conseil formule ainsi ses réserves sur le scénario macroéconomique retenu par le gouvernement dans le programme de stabilité économique et de réformes qui sera présenté mercredi 17 avril au Conseil des ministres.

Les calculs du Fonds monétaire international vont dans le même sens, anticipant désormais une contraction de 0,1% cette année, contre une hausse de 0,3% auparavant, et une croissance limitée à 0,9% en 2014.

22 économistes interrogés dans le cadre d’une enquête publiée la semaine dernière par Reuters prévoient eux aussi une baisse, plus marquée, de 0,2% du PIB de la France en 2013 et une croissance de 0,8% l’an prochain.

« Risque à la baisse »

Selon le Haut Conseil, il existe « un certain nombre de fragilités » dans les hypothèses faites pour un retour à une croissance moyenne de 2% sur la période 2015-2017 prévu dans ce scénario, qu’il juge en conséquence « incertaine ».

Pour 2013 et 2014 existent des ‘ »aléas qui, dans leur ensemble, font peser un risque à la baisse » sur le scénario du gouvernement.

L’environnement international pourrait être moins porteur qu’espéré et la compétitivité en berne des entreprises françaises pourrait prendre plus de temps que prévu pour se redresser.

S’y ajoute une demande interne -consommation et investissement- qui pourrait souffrir d’un « contexte d’incertitudes persistantes ».

Maintien des prévisions

Le gouvernement se tient néanmoins « par prudence » aux prévisions de la Commission européenne, soit 0,1% de croissance en 2013 et 1,2% pour 2014. 

« Compte tenu de l’ampleur des réformes engagées, se fixer un objectif de croissance plus prudent en 2014 ne serait pas justifié, et conduirait à programmer un ajustement excessif pour ramener le déficit sous 3% du PIB en 2014 », a déclaré le ministre de l’Economie Pierre Moscovici, dans un communiqué. 

Paris négocie avec Bruxelles un délai d’un an pour ramener le déficit public sous la barre des 3% du PIB. La porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem a confirmé, mardi 16 avril, que l’objectif serait de limiter le déficit à 2,9% en 2014.